Dix ans après le grand séisme survenu dans l'Est du Japon et la catastrophe nucléaire de Fukushima qui a suivi, le gouvernement japonais a décidé en avril 2021 d'autoriser le rejet d'eau contaminée au tritium de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
Il y a quelques jours, la commission ministérielle de l'énergie atomique a déclaré que l'eau contaminée dont le déversement devrait commencer cet été par la centrale nucléaire de Fukushima atteindrait les eaux taïwanaises d'ici un à deux ans, précisant que la concentration de tritium atteindrait son niveau maximum dans quatre ans environ. Mais les scientifiques de l'Academia Sinica estiment quant à eux, sur la base d'un modèle de simulation, que l'eau contaminée devrait arriver à Taïwan dans moins d'un an.
Le vice-directeur du bureau de la pêche au sein de la commission ministérielle de l'agriculture Liu Chia-chen (劉家禎) a déclaré que son département effectuerait des tests sur les poissons pêchés dans différents ports du nord, du centre, de l'est et de l'ouest ainsi que dans les îles périphériques. Par ailleurs, la commission de l'énergie atomique sera chargée d'aider à effectuer le contrôle au césium et au tritium, afin de vérifier que les niveaux recueillis n'excèdent pas les limites autorisées. Ainsi, les tests effectués sur la chair des poissons, dont le nombre actuel est de 500 par an, a déjà été augmenté cette année pour atteindre les 3000 par an.
Par ailleurs, l'Institut de recherche sur les pêches de la commission de l'agriculture dispose à ce jour de 62 stations de contrôle de l'eau à travers Taïwan, auxquelles s'ajoutent les stations de contrôle de l'eau de la commission ministérielle de l'énergie atomique et de la commission ministérielle des affaires océaniques, portant le nombre de ces stations à 107 au total, qui compte effectuer cette année 87 contrôles pour le césium et 344 échantillons pour le tritium, pour un total de 431 échantillons.
Le président de la commission ministérielle de l'agriculture Chen Chi-chung (陳吉仲) a ajouté que l'échantillonnage des poissons avait aussi été augmenté, passant de 208 inspections menées en 2020 a 500 menées en 2021. Et des contrôles des planctons et des poissons juvéniles ont été augmentés de 20 à 95 lieux.
Chen Chi-chung a assuré que les échantillons pourront être utilisés comme données pour comparer et évaluer les dommages dues à une augmentation de la pollution de l'eau, ce afin de réclamer, dans le futur, des compensations financières auprès du Japon.