Le 10 mars prochain marquera le 66e anniversaire du soulèvement tibétain, qui a été réprimé dans le sang. A Taïwan, plusieurs associations continuent d’organiser des activités pour ne pas oublier cette page de l’histoire et continuer à militer pour les droits et la reconnaissance de la culture du peuple tibétain. C’est ainsi que le Réseau des droits humains pour le Tibet et Taïwan (HRNTT) organisera tous les mercredis jusqu’à cette date une sortie en vélo à Taipei en février, et à Kaohsiung début mars. C’est la 15e année consécutive qu’est organisée cette activité « Cycling for a Free Tibet ».
Par ailleurs, une marche sera organisée par la Taiwan Tibetan Welfare Association le 9 mars dans l’après-midi à Taipei, et une veillée aux chandelles le 10 mars au soir sur la Place de la Liberté. Plusieurs autres associations soutiennent ces initiatives, notamment des associations de protection des droits humains et des associations de Hongkongais à Taïwan, qui sont aussi préoccupés par la répression du gouvernement chinois à Hong Kong.
Cette année, Gonpo Dhondup, président du Tibetan Youth Congress a été invité à Taïwan depuis l'Inde pour participer au lancement de l'événement devant le Yuan législatif. Il a déclaré que la plupart des Tibétains continuaient à souffrir de l'oppression du gouvernement chinois au cours des dernières décennies et ont été contraints de s’exiler, mais que les Tibétains n'ont jamais abandonné leur quête de liberté et pour les droits humains. Il a vivement critiqué l’éducation idéologique actuellement imposée au Tibet dès le plus jeune âge : « Sous le gouvernement chinois, le Tibet vit un génocide culturel. Les enfants à partir de 5 ans sont séparés de leurs parents et placés dans des internats chinois. Nous sommes très préoccupés par ce génocide culturel actuellement en cours au Tibet à travers ces écoles coloniales. »
Tashi Tsering, secrétaire général du HRNTT, a lancé l’initiative « Cycling for a Free Tibet » en 2011, dans l’espoir de sensibiliser le grand public taïwanais aux problèmes auxquels font face les Tibétains. Il a rappelé qu’il y a actuellement 160 000 Tibétains en exil qui ne peuvent pas retourner dans leur ville natale. Au Tibet même, de nombreux Tibétains ont perdu la vie, certains se sont immolés pour protester contre le régime autoritaire.
En plus des militants des droits humains taïwanais et des Tibétains en exil à Taïwan, deux députés du Parti démocrate progressiste (DPP), Puma Shen (沈伯洋) et Chen Pei-yu (陳培瑜) étaient présents aujourd’hui pour le lancement de « Cycling for a Free Tibet ».
Gonpo Dhondup a chaleureusement remercié les ONG taïwanaises pour leur soutien continu aux droits des Tibétains, et a souligné que les Taïwanais, Hongkongais, Ouïghours, et habitants de Mongolie intérieure qui sont menacés par le régime autoritaire chinois devraient s'unir contre les politiques agressives ou coloniales du Parti communiste chinois. Il a par ailleurs appelé la communauté internationale à prêter attention à la liberté, aux droits de l’Homme et à la situation du Tibet.