A quelques jours de l’examen par le Yuan législatif de l’amendement de la loi sur le service de l'emploi, prévu ce vendredi, plusieurs groupes de la société civile, dont l’association nationale pour les aidants familiaux, ont fait une déclaration hier, exhortant les branches exécutive et législative à prendre en considération la situation des Taïwanais chargés de prendre soin des personnes dans le besoin. Cette déclaration fait suite à une proposition récente de plusieurs députés sur l’exemption de l’indice de Barthel (mesure du niveau d’autonomie et de mobilité dans les activités quotidiennes), donc de l’évaluation médicale pour des personnes de plus de 80 ans ou celles âgées de 70 à 79 ans atteintes d’un cancer en 2e phase. L’objectif de cette proposition d’amendement est de faciliter le recrutement de travailleurs migrants pour soulager la pression et la charge des aidants familiaux.
Les groupes civils craignent que cette exemption risque de défavoriser certaines familles dans le recrutement des aides étrangères. Ces 225 000 familles dépendant de travailleurs migrants pour prendre soin de personnes gravement handicapées ou malades ne seraient en effet plus prioritaires pour les aides à domicile, par rapport aux 530 000 personnes âgées en bonne santé qui y font aussi appel.
Le ministère du Travail a indiqué que depuis octobre 2023, trois catégories de personnes sont éligibles à de multiples exemptions, notamment celles qui ont utilisé des services de soins de longue durée pendant plus de 6 mois consécutifs, les personnes atteintes de démence légère ou celles souffrant de problèmes respiratoires sévères ou de la déglutition. Mais, après des consultations avec des professionnels, exempter d’évaluation médicale pour le recrutement des travailleurs migrants en fonction de l’âge ne fait pas l’unanimité. Le ministère estime qu’il faut davantage d’études avant d’assouplir les mesures en place.