Le président du principal parti d’opposition, le Kuomintang (KMT), Eric Chu (朱立倫), et le président du Parti du Peuple Taïwanais (TPP), Huang Kuo-chang (黃國昌), ont organisé aujourd'hui un « sommet des dirigeants de l'opposition », axé sur l'impact des nouveaux tarifs douaniers américains, mais aussi sur le système judiciaire, dans un contexte de campagne mouvementée pour la destitution de certains députés.
Pour mémoire, le parquet de Taipei a récemment perquisitionné des résidences de membres et des responsables du KMT dans le cadre d’une enquête sur la falsification supposée de signatures pour ces procédures de destitution. En réponse à cela, Eric Chu avait appelé la semaine dernière les supporters du KMT à se rassembler autour du bureau des procureurs de Taipei.
Lors du sommet KMT-TPP ce matin, se référant à ces perquisitions qu’ils considèrent comme une provocation, et en écho au projet du Président Lai Ching-te (賴清德) de restaurer les procès militaires suite à la résurgence des cas d’espionnage chinois, Eric Chu et Huang Kuo-chang ont critiqué l’arrogance du Parti démocrate progressif (DPP) actuellement au pouvoir et le fait que le système judiciaire soit devenu, selon eux, un instrument pour réprimer l’opposition.
Eric Chu a notamment évoqué la détention de l’ancien président du TPP et candidat à l’élection présidentielle Ko Wen-je (柯文哲) depuis huit mois pour une affaire de corruption et la présidente du comité du KMT de la ville de Taipei, Huang Lu Jin-ru (黃呂錦茹) dans l’affaire des falsifications supposées de signatures, accusant le DPP, avec le soutien des procureurs et une partie des médias, d’avoir détenu des opposants afin d’obtenir des aveux.
Eric Chu a déclaré : “Je crois que si les procureurs, le Bureau d’enquête ou les différents organes judiciaires passent sous le commandement de Lai Ching-te, ils deviendront des laquais, telle une police secrète. Il s’agit d’une crise majeure et un drame pour la démocratie taïwanaise. Nous devons donc retrouver le chemin de la démocratie. Outre les problèmes de subsistance de la vie quotidienne, qui préoccupent tout le monde, la démocratie taïwanaise traverse une crise majeure et je crois que face à une telle crise, le Kuomintang, tout comme le Parti du Peuple Taïwanais, ne peuvent que se lever courageusement et l’affronter.”
Huang Kuo-chang a précisé qu’il participerait au rassemblement prévu le 26 avril face au palais présidentiel par le KMT “contre les intimidations et la dictature”. Par ailleurs, le Parti du Peuple Taïwanais promeut une réforme judiciaire qui rendrait la justice plus transparente.
Quant à la proposition du maire de Taipei, Chiang Wan-an (將萬安) du KMT de soumettre au vote du Yuan législatif une motion de censure à l’encontre du gouvernement, Huang Kuo-chang s’y est montré peu favorable, bien que le KMT n’ait pas totalement fermé la porte à cette idée. Sans le soutien du TPP, le KMT ne devrait toutefois pas avoir une majorité suffisante pour la faire adopter.