Un pêcheur des îles de Penghu (Pescadores) a découvert, en 2015, une demi-mandibule humaine dans le canal de Penghu, situé entre les îles Pescadores et l’île de Taïwan. Un article publié aujourd’hui dans la revue américaine « Science » indique que le fossile appartient à un Dénisovien (Homme de Denisova). Preuve de la présence à Taïwan de cette espèce datée du Paléolithique moyen et vivant notamment en Extrême-Orient. Notons que les premiers fossiles de Dénisoviens ont été découverts en Sibérie et au Tibet.
Le professeur Tsai Cheng-hsiu (蔡政修), à l’Institut d’Ecologie et de Biologie évolutionnaire de l’Université nationale de Taïwan (NTU), a participé à l’étude du fossile de Penghu et a souligné l’importance de cette découverte :
« L’existence de Dénisoviens à Taïwan indique qu’ils pouvaient vivre aussi dans des zones plus chaudes. Cette information permet également de confirmer les données moléculaires établies précédemment qui sugèrent qu’ils auraient vécu en Orient, en Asie du Sud-Est, voire en Océanie. Il s’agit d’une preuve directe fournie par le fossile. C’est très excitant pour nous. »
Notons qu’en raison du fait qu’il est quasi impossible d’extraire des ADN des fossiles trouvés dans les zones tropicales humides, les chercheurs ont dû en extraire des protéines pour procéder à l’analyse protéomique.
Pour Tsai Cheng-hsiu, il reste encore beaucoup de questions sans réponse :
« En ce qui concerne Taïwan, les fossiles humains les plus anciens qui y ont été découverts jusqu’ici sont des Dénisoviens. Mais alors, quand sont-ils arrivés à Taïwan ? Ont-ils eu des échanges avec les hommes modernes sur place ? Nous serions curieux de le savoir. »
Ont également participé à l’étude de la mandibule de Penghu le professeur assistant Takumi Tsutaya au Collège doctoral de recherches avancées, au Japon, et le chercheur Chang Chun-hsiang (張鈞翔) au Musée national de Science naturelle de Taichung.