Dans un contexte où le Japon commémore aujourd’hui les 14 ans de l’accident nucléaire de Fukushima, causé par un fort séisme et un tsunami, Raymond Greene, directeur de l’Institut américain à Taïwan (AIT), a déclaré dans une interview que les Etats-Unis pouvaient fournir des sources d’énergie fiables à Taïwan, notamment le gaz naturel liquéfié (GNL), les énergies renouvelables ou l’énergie nucléaire. En écho à ces propos, le Premier ministre Cho Jung-tai (卓榮泰) a quant à lui rappelé qu’en matière d’énergie, Taïwan dépendait des importations et développait des énergies vertes diversifiées en remplacement du charbon pour tendre vers la neutralité carbone. Il a d’autre part souligné l’importance d’un approvisionnement stable en énergie, Taïwan étant au centre des chaînes d’approvisionnement en matière de semi-conducteurs notamment.
En ce qui concerne plus particulièrement le nucléaire, le Premier ministre a rappelé que, selon la loi sur le contrôle de l’énergie nucléaire, le gouvernement devait mettre à l’arrêt le réacteur numéro 2 de la centrale de Pingtung (le dernier encore en activité) avant le 17 mai prochain. Des députés de l’opposition (KMT) souhaitent amender cette loi, afin de prolonger la durée de vie des réacteurs, mais ces amendements n’ont pas été adoptés à ce stade.
Cho Jung-tai s’est cependant dit ouvert au dialogue au niveau international, afin d’explorer de nouvelles perspectives : “En ce qui concerne les nouvelles technologies d’énergie nucléaire, nous espérons pouvoir maintenir une attitude flexible, poursuivre les recherches et un dialogue proactif, voire même établir des coopérations avec les développeurs et avec les propriétaires de technologies avancées du monde entier. Lorsqu’il y aura un consensus au sein de la société et au sujet de la sécurité de l’énergie nucléaire et que nous pourrons régler la question du traitement des déchets radioactifs qui ne généreront plus d'inquiétudes pour les générations futures, nous n’excluons pas la possibilité d’adopter de nouvelles technologies d’énergie nucléaire”, a-t-il déclaré.
Quant au Parti démocrate progressiste (DPP), il a réitéré par la voix de la secrétaire générale de son groupe parlementaire Wu Su-yao (吳思瑤) que le parti maintenait sa position. Selon le DPP, trois conditions préalables doivent être remplies pour l’utilisation de l’énergie nucléaire : des garanties en termes de sûreté, une solution appropriée au problème des déchets radioactifs et qu’il y ait un consensus au sein de la société. Si les Etats-Unis sont un partenaire important de Taïwan en matière énergétique, le nucléaire n’est pas la seule option, a fait remarquer Wu Su-yao.