Aujourd’hui, le gouvernement, plusieurs collectivités locales et groupes civils ont organisé des commémorations pour le 78ᵉ anniversaire de l’incident du 28 février 1947. Le président de la République Lai Ching-te (賴清德), présent à la cérémonie du gouvernement central, a déclaré que le conflit entre les différents groupes de population n’était pas à l’origine du massacre et que les commémorations d’aujourd’hui ne visaient pas à provoquer ce type de conflit. Selon Lai Ching-te, l’incident de 1947 était dû au fait d’une part que Tchang Kaï-chek (蔣中正) voulait s’assurer son pouvoir à Taïwan et que, d’autre part, ses soldats en provenance du continent chinois, n’ayant pas le même niveau de vie que les Taïwanais, s’adonnaient à des vols ou des pillages. Le chef de l’Etat a souligné que les excuses, le dédommagement et la réhabilitation ont été entrepris par le gouvernement taïwanais depuis la démocratisation de Taïwan, mais il a ajouté que trois principales missions devaient se poursuivre à l’avenir : la déclassification des archives politiques, la justice transitionnelle et enfin la poursuite des commémorations pour apaiser la douleur des familles des victimes et éviter que ces erreurs passées ne se reproduisent.
Le président qui assiste à sa première cérémonie gouvernementale en tant que chef de l’Etat a réagi également aux réclamations formulées par les groupes civils hier concernant le traitement de l’église Gikong, lieu des meurtres de famille de l’activiste Lin Yi-hsiung (林義雄) :
« Je vais ordonner au ministère de la Culture de déclencher le processus d’évaluation pour que l’église Gikong soit classée comme un site ayant une signification pour la justice transitionnelle dans le but de sa préservation et de sa protection. Je souhaite que les Taïwanais, génération après génération, puissent se rendre sur ces lieux historiques pour réfléchir sur la répression des droits humains et libertés sous un régime autoritaire et pour œuvrer ensemble au développement démocratique de Taïwan. »