L’ancienne ministre du Numérique (2016-2024) et actuelle ambassadrice itinérante Audrey Tang (唐鳳) assiste hier et aujourd’hui au Sommet pour l’action sur l’Intelligence artificielle (IA) à Paris. Lors de ce sommet, elle représentait aussi l’organisation Make.org pour présenter comment Taïwan pouvait formuler ses règles de fonctionnement de l’IA par des moyens démocratiques. Elle représentait aussi le Project Liberty Institute, et dans ce cadre a promu l’utilisation des outils ROOST (Robust Open Online Safety Tools) en matière de cybersécurité.
Dans une interview accordée à la section mandarin de Radio France Internationale, elle a mis l’accent sur l’importance pour les gouvernements et entreprises d'investir pour garantir la sécurité de l’IA. Elle a estimé que les informations concernant la sécurité de l’IA devaient être en open source, afin de réduire les risques pour l’ensemble de l’humanité.
Audrey Tang a par ailleurs souligné l’importance de Taïwan, qui fabrique une grande partie des puces électroniques nécessaires au fonctionnement de l’IA. Toutefois, elle admet que l’IA pourrait constituer une menace pour la démocratie, notamment en raison des bots sur les réseaux sociaux pendant les campagnes électorales. Selon Audrey Tang, il convient de trouver des manières de se défendre de ces attaques sans affecter la liberté d’expression sur Internet.
Elle a partagé à cet égard l’expérience de Taïwan, qui consiste à exiger de ceux qui financent la propagande politique qu’ils soient responsables de leurs discours, à mettre en œuvre un système de vérification d’identité pour la publicité et à ne pas permettre aux robots anonymes de jouir de la liberté d’expression. Elle a déclaré que Facebook et Google ont ajusté leurs algorithmes pour se conformer au système de vérification d’identité de Taïwan, et espère que cette expérience pourra être adoptée par davantage de pays.