Plusieurs groupes de citoyens se sont rendus hier après-midi à la Commission centrale des élections (CEC), afin de soumettre les pétitions de la première phase en vue de la destitution de 12 députés supplémentaires du Kuomintang (KMT). Cela vient s’ajouter aux pétitions de première phase déjà déposées le 3 février, qui visaient aussi principalement des députés de ce parti d’opposition détenant le plus grand nombre de sièges au Yuan législatif.
Ces tentatives de destitution reflètent le mécontentement d’une partie de la société civile quant au vote d’amendements à la hâte par ces députés, des amendements qui ont notamment conduit à bloquer le fonctionnement de la Cour constitutionnelle, ou encore à réaliser des coupes budgétaires sans précédent dans le budget 2025.
Ainsi, la CEC a indiqué hier soir avoir reçu au total 47 dossiers, dont 44 visant des députés, les autres visant des élus municipaux. Parmi les nouveaux dossiers déposés hier, figurent notamment les députés KMT de Taipei Lai Shyh-bao (賴士葆), Lo Chih-chiang (羅智強), Hsu Chiao-hsin (徐巧芯), et le député élu à Taichung Johnny Chiang (江啟臣), vice-président du Parlement.
Si 31 dossiers visent à tenter de destituer des députés du KMT, des groupes de citoyens sont aussi à l'initiative de 13 dossiers visant à tenter de destituer des députés du Parti démocrate progressiste (DPP) au pouvoir, notamment Wu Szu-yao (吳思瑤), secrétaire générale du groupe parlementaire du DPP.
La première phase d’une procédure de destitution nécessite de recueillir en 25 jours au moins 1% de signatures par rapport au nombre d’électeurs inscrits dans la circonscription. Puis, une autre pétition doit recueillir en moins de deux mois au moins 10% de la totalité des électeurs inscrits, afin de parvenir à la troisième étape, qui prévoit un vote. La destitution est approuvée si le nombre de votants pour la destitution dépasse les 25% et est supérieur au nombre de votants contre la destitution.
Par ailleurs, 200 personnalités du monde littéraire et de l’édition, dont l’écrivain Wu Ming-yi (吳明益) ont publié hier une déclaration en faveur de la destitution des députés “non-qualifiés pour leur poste, afin qu’ils “cessent de mettre en péril la littérature taïwanaise”, une allusion aux coupes et gels dans le budget la culture pour 2025. Chen Pei-yu (陳培瑜), députée du DPP issue du monde de l’édition, a quant à elle déclaré que la liberté d’expression risquait de disparaître à Taïwan en raison de l’attitude de certains partis et qu’elle espérait que les Taïwanais se mobiliseront contre cela.