Alors que le 2e réacteur de la centrale nucléaire n° 3, située à Pingtung, vient de cesser ses opérations le 17 mai dernier, faisant de Taïwan un pays sans nucléaire, les partis d’opposition continuent de s’opposer à la sortie du nucléaire. Après avoir voté un amendement, le 13 mai, permettant de prolonger de 20 ans la durée de vie des centrales nucléaires, les députés du Kuomintang (KMT) et du Parti du Peuple taïwanais (TPP), qui détiennent la majorité parlementaire, ont voté aujourd’hui en faveur d’un référendum sur la remise en service de la centrale nucléaire n° 3.
Ce texte a été proposé par le TPP et la question du référendum, s’il est validé par la Commission centrale des élections (CEC), est : “Êtes-vous d’accord pour que la centrale nucléaire n° 3 continue de fonctionner après que les autorités compétentes aient confirmé que son niveau de sûreté le permettrait ?”
La député du TPP Chen Gau-Tzu (陳昭姿) a déclaré que dans un contexte où les énergies renouvelables sont confrontées à de nombreux défis et que la capacité de réserve d’électricité reste faible, son parti estime que les politiques majeures en matière d’énergie doivent être décidées par l’ensemble de la nation. Elle a précisé qu’il ne s’agissait pas de prendre une décision à la hâte sur le redémarrage de la centrale nucléaire n° 3, mais de recourir au référendum afin de construire un consensus au sein de la société. Chen Gau-Tzu a souligné que la formulation de la question ne prévoyait un éventuel redémarrage que sous réserve de la réussite d’une évaluation de sécurité. Selon elle, cela éviterait que la décision soit prise par “une minorité déconnectée de l’opinion publique”.
Wu Su-yao (吳思瑤 Rosalia Wu), secrétaire générale du groupe parlementaire du Parti démocrate progressiste (DPP) actuellement au pouvoir, a quant à elle rappelé que lorsque l’actuel président du TPP, Huang Kuo-chang (黃國昌) s’était présenté aux élections législatives de Nouveau Taipei, il avait affirmé que l'énergie nucléaire était une dette envers les générations futures et une grave erreur.
Conformément à la réglementation, ce projet de référendum sera soumis à la CEC dans les 10 jours, pour vérification de sa conformité à la loi. Si le projet de référendum est validé, la CEC devra annoncer la date du référendum 90 jours avant qu’il ait lieu.