Le gouvernement a aujourd'hui approuvé le projet de loi sur les groupes autochtones Pingpu (originaires des plaines) (平埔原住民族群身分法), un texte qui ambitionne de définir clairement les principes de définition des groupes autochtones considérés commes autochtones originaires des plaines et d'élaborer des critères permettant d'obtenir ou de perdre l'identité d'autochtone Pingpu.
Le texte, qui doit désormais être envoyé au parlement pour être débattu et adopté par les députés, se veut une réponse à l'arrêt de la Cour constitutionnelle du 28 octobre 2022 (arrêt n.17), qui mentionnait le fait que tous les groupes autochtones qui conservent encore leur langue, leurs coutumes, leurs caractéristiques culturelles traditionnelles et qui maintiennent leur identité ethnique dont l’origine est vérifiable à travers les données historiques peuvent demander au gouvernement d'être reconnus en tant que peuple autochtone afin de préserver leurs caractéristiques culturelles et leur identité ethnique.
La commission ministérielle des affaires autochtones a précisé que l'arrêt de la Cour constitutionnelle avait donné trois ans au gouvernement pour proposer des amendements ou une nouvelle loi.
Le projet de loi en question explicite, dans son article 4, la définition des "groupes autochtones Pingpu", à savoir "outre les dits autochtones des montagnes et autochtones des plaines, toute personne autochtone taïwanaise qui appartient à la famille de langue austronésienne".
Le texte mentionne la nécessité, pour obtenir l'identité officielle Pingpu, d'avoir un père ou une mère Pingpu et de prendre un nom autochtone Pingpu (celui du père ou de la mère). Ce nom doit aussi être inscrit, en premier ou en second, sur la carte d'identité et doit également être utilisé.
Est également évoqué le cas des enfants non autochtones ayant été adoptés par des parents autochtones de plus 40 ans et sans enfant biologique et dont l'un des parents est un autochtone Pingpu. Ces personnes pourront ainsi obtenir le statut d'autochtone Pingpu si elles ont été adoptées lorsqu'elles avaient moins de sept ans. Ces personnes devront aussi utiliser leur nom autochtone Pingpu dans les documents officiels, que ce soit un nom appartenant à son groupe Pingpu d'adoption ou celui de son parents Pingpu.
Le projet de loi, s'il est adopté, ne prévoit toutefois pas d'effet rétroactif.