Hier, dans le cadre d’une réunion du Rotary International, le président taïwanais Lai Ching-te (賴清德) a prononcé un discours portant sur l’identité de Taïwan, dans lequel il a mis l’accent sur la définition de la « nation ».
Lai Ching-te a réfuté la thèse de Pékin, qui prétend que selon la résolution 2785 des Nations unies, Taïwan appartient à la République populaire de Chine (RPC). Le chef de l’Etat a souligné que la résolution en question ne traite que de la représentation chinoise au sein des Nations unies, sans aborder la souveraineté de Taïwan.
Lai Ching-te a indiqué que Taïwan n’avait aucun lien avec la Chine avant que l’officier chinois Koxinga (Zheng Cheng-kong) ne s’installe sur l’île, en 1662, avec ses troupes pour préparer une reconquête du continent. Il a précisé que même pendant les deux siècles que la dernière dynastie chinoise, d’origine mandchoue, avait étendu son pouvoir vers Taïwan, cette dominance ne concernait qu’une partie de l’île et non son intégralité. Plus tard, la dynastie a cédé Taïwan au Japon, rompant tout lien entre Taïwan et la Chine. Lai Ching-te a également invoqué le Traité de San Francisco, signé à la fin de la Seconde guerre mondiale : « L’alinéa 2 de l’article 2 du Traité de San Francisco stipule que le gouvernement japonais renonce à tous droits, titres et revendications sur Taïwan et les îles Pescadores. De plus, ce traité n’a pas précisé que Taïwan serait restitué à la République populaire de Chine, qui n’avait été fondée que deux ans auparavant. La République populaire de Chine n’a jamais gouverné Taïwan, même pas pour un seul jour. »
Ce discours marque le premier d’une série de dix discours du président Lai Ching-te visant à consolider l’unité de la nation.