Dans le cadre d’une série de dix discours sur l’unité nationale, le Président Lai Ching-te (賴清德) a prononcé hier un premier discours portant sur l’identité de Taïwan, dans lequel il a mis l’accent sur la définition de la “nation”. Ce discours a suscité le mécontentement du Bureau chinois des affaires taïwanaises qui a vivement réagi.
En réponse à ces critiques, la Commission ministérielle des affaires continentales (MAC) a appelé le Parti communiste chinois à regarder en face la réalité de la situation entre les deux rives du détroit de Taïwan et à remplacer les insultes malveillantes par un dialogue constructif. La MAC a souligné que l'explication des faits historiques par le Président Lai Ching-te était fondée, et que les affirmations du gouvernement chinois selon lesquelles « Taïwan est une partie inséparable de la Chine depuis l'Antiquité » et « Taïwan n'est pas un pays souverain et indépendant » sont des mensonges infondés.
La MAC a en effet rappelé que la République de Chine (nom officiel de Taïwan) existe depuis 114 ans, puisqu’elle a été fondée en 1912, et que la République populaire de Chine n'a jamais gouverné Taïwan. Le gouvernement de la République de Chine a combattu l'agression du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de remporter la victoire.
Liang Wen-chieh (梁文傑), vice-président de la MAC a indiqué :“Taïwan a bel et bien été rétrocédé à la République de Chine après la guerre. A l’époque, la République populaire de Chine n'existait pas, donc Taïwan n'a jamais été rétrocédée à la République populaire de Chine.”
Ainsi, le prétendu « principe d'une seule Chine » prôné par le Parti communiste chinois constitue une déformation fondamentale des faits historiques, que la communauté internationale ne devrait pas reconnaître, a-t-il souligné. Il a précisé que la résolution 2758 de l'Assemblée générale des Nations Unies, datant de 1971, ne mentionnait pas Taïwan et n'autorisait ainsi pas la République populaire de Chine à représenter Taïwan au sein du système des Nations Unies.
Liang Wen-chieh a en outre rappelé que la politique inter-détroit du gouvernement taïwanais restait inchangée, privilégiant le maintien du statu quo, afin de préserver la souveraineté et de garantir un mode de vie démocratique et libre à Taïwan.
Dans son deuxième discours, prononcé aujourd’hui devant l’Association de la jeunesse Hakka de Taoyuan, le Président Lai Ching-te a mis l’accent sur l’unité dans la diversité, qui caractérise la démocratie taïwanaise. Il a dit espérer que chacun pourra œuvrer ensemble pour trouver le plus grand dénominateur commun qui puisse unifier la société taïwanaise.