Des chercheurs de l’agence japonaise pour les sciences et technologies marines et terrestres (Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology, JAMSTEC) et de l’Université de Tokyo ont formé une équipe de recherche pour étudier des voyages possibles en mer entre l’île principale de Taïwan et l’île japonaise de Yonaguni-jima, située à 108 km à l’ouest de Taïwan, à vol d’oiseau, il y a 30 millénaires.
Les chercheurs ont effectué des calculs de simulation assistés par ordinateur super puissant en se basant, entre autres, sur les vitesses des canoës des autochtones taïwanais, les vitesses des courants marins, notamment du Kuroshio, qui coule du sud au nord entre Taïwan et Yonaguni. Se référant également à de multiples expériences, ils estiment que le canoë de l’époque paléolithique devait être en mesure d’évoluer à 1,8 mètre la seconde et que même si la vitesse du courant Kuroshio était 10 % plus rapide qu’il ne l’est aujourd’hui, il ne représentait pas un obstacle à la petite embarcation creusée dans le bois creusé dans un éventuel périple entre Taïwan et Yonaguni.
Selon les scientifiques, les Taïwanais de l’époque ont osé braver le courant Kuroshio grâce à leurs expériences accumulées de leurs aventures répétées en mer, mais aussi au fait qu’ils parvenaient toujours à regagner leur terre natale en se servant des très hautes montagnes sur l’île de Taïwan comme repère.
Notons qu’un grand nombre d’historiens soutiennent la théorie selon laquelle les premiers habitants de Taïwan ont réussi à se rendre à Yonaguni sur des embarcations il y a des millénaires. Le groupe dirigé par Chang Yu-lin (張育綾), de la JAMSTEC, et Yousuke Kaifu, de l’Université de Tokyo, a ainsi conduit avec succès en 2019 un voyage en canoë entre les deux îles et collecté des données très utiles.