Le ministère taïwanais du Travail a organisé hier, 14 juillet, les 6e consultations Taiwan-UE sur les questions relatives au travail et aux droits humains avec une délégation de la Commission européenne conduite par Mario Nava, directeur général de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion. C'est la première fois depuis 2018 que l'UE envoie une délégation au niveau d’un directeur général, témoignant du soutien et de l'attention de l'UE à la coopération avec Taïwan dans ce domaine.
Le ministre du Travail, Hung Sun-han (洪申翰), a souligné dans une interview que Taïwan et l’UE s’efforçaient conjointement de promouvoir, à travers leur coopération, un environnement de travail digne. Dans un contexte où la dépendance de Taïwan à l'égard des travailleurs migrants s'accroît et en tant que membre crucial de la chaîne d'approvisionnement mondiale, il est de la responsabilité du gouvernement taïwanais de créer un environnement de travail transparent et responsable, a-t-il précisé.
Le Bureau de la Pêche a également rendu compte, lors des consultations, de la mise en œuvre du « Plan d'action pour la pêche et les droits de l'Homme ». En réponse aux critiques des partenaires sociaux et de la communauté internationale, notamment concernant les longues heures de travail et l'exploitation des travailleurs migrants d’Asie du Sud-Est à bord des navires de pêche hauturière, Chuang Mei-chuan (莊美娟), directrice du département de la planification globale du ministère du Travail, a déclaré qu'elle se référerait à la Convention C188 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) pour promouvoir ce plan d'action, améliorer les salaires, les assurances et les conditions de vie des équipages, mettre en place des installations de loisirs à terre et promouvoir l'installation de vidéosurveillance sur les bateaux. Parallèlement, elle a indiqué que Taïwan renforcerait la gestion des navires de pêche étrangers et des intermédiaires, et prévoyait de signer un protocole de coopération avec les syndicats indonésiens.
Le Bureau de la Pêche et des ONG ont été invités à participer à ces consultations Taïwan-UE, afin que toutes les parties prenantes puissent avoir voix au chapitre. Chuang Mei-chuan a souligné que la délégation de l’UE avait formulé des suggestions intéressantes sur la question épineuse de l’accès au Wi-Fi sur les navires de pêche hautière. Un mécanisme de communication par satellite paraît être une solution moins coûteuse et plus répandue.
Par ailleurs, en réponse à un récent reportage de CNN faisant état d'abus envers les travailleurs migrants dans le secteur de la pêche à Taïwan, le Bureau de la Pêche a publié une déclaration réitérant sa politique de tolérance zéro envers toute forme d'exploitation par le travail. Le Bureau de la Pêche a exprimé ses regrets pour les cas individuels mentionnés dans le reportage, tout en rappelant qu’il s’agissait de cas relativement rares. Actuellement, 940 navires de pêche hauturière taïwanais sont en activité et la grande majorité des armateurs et des capitaines opèrent légalement, en traitant correctement les membres d'équipage étrangers, tout en accordant de l'importance à la sécurité maritime, a précisé le bureau.