La Taipei Women's Rescue Foundation (TWRF) a organisé aujourd'hui une conférence de presse à l'occasion de la Journée internationale de commémoration des anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise, souvent désignées par l'euphémisme « femmes de réconfort ».
L'ONG taïwanaise a rappelé plusieurs des 38 recommandations faites par un comité d'examen international dans son 4e rapport sur l'application à Taïwan de la Convention sur l'élimination de toutes formes de discriminations à l'égard des femmes (CEDAW). Le rapport recommande notamment au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour dispenser une éducation précise sur les violations des droits de l'homme commises à l'encontre des femmes victimes de trafic humain et d'esclavage sexuel pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le comité a aussi recommandé au gouvernement d'aider financièrement la TWRF pour faire fonctionner le Musée AMA, un petit musée situé à Taipei et dédié à l'histoire des « femmes de réconfort » taïwanaises, qui du reste a déjà dû fermer de manière temporaire faute de moyens financiers avant de rouvrir dans un plus petit local.
Une autre alternative a été proposée, à savoir celle de créer un musée sur les droits des femmes, afin de pouvoir dispenser un enseignement approprié, notamment sur l'histoire de ces femmes.
La présidente de la TWRF, Tsai En-Chia (蔡恩加), a affirmé que l'ONG plaidait depuis plusieurs années pour l'inclusion des « femmes de réconfort » dans les programmes scolaires et a regretté la lenteur des progrès en la matière, malgré les engagements pris par le ministère de l'Education. Notons qu'actuellement, le sujet n’est mentionné que dans la partie des informations complémentaires dans les manuels scolaires.
L'ONG a évoqué les résultats d'un sondage réalisé cette année en ligne, qui suggère que 68 % des Taïwanais ont pris connaissance de l'histoire des « femmes de réconfort » à travers les programmes scolaires. 71 % des personnes interrogées disent tenir leur principale source de connaissance en la matière des manuels scolaires : une hausse significative et encourageante par rapport à 2022, mais qui montre également l'importance d'avoir des manuels dotés de contenus précis sur ce sujet. L'ONG a ainsi appelé à ce que cette histoire soit documentée et expliquée de manière appropriée aux élèves et non pas cantonnée à des notes de bas de page dans les manuels d'histoire.