Un membre du Yuan de contrôle, l'organe suprême de contrôle du gouvernement, des fonctionnaires et des comptes publics, a annoncé aujourd'hui avoir lancé une enquête sur les noms de rue potentiellement discriminatoires.
Dans un communiqué publié sur le site du Yuan de contrôle, un de ses membres, Upay Radiw Kanasaw (鴻義章), a donné quelques exemples de toponymes potentiellement problématiques. Il s'agit par exemple de la rue Fanjin, de la rue Fanzi et de la rue Fanshe, dans la commune de Puyan (comté de Changhua), « fan » (番) signifiant « barbare » en référence à des ethnies non chinoises.
D'autres noms de rue contiennent le mot « man » (蠻), un terme qui signifie aussi « barbare » et fait historiquement référence aux ethnies du Sud de la Chine. Des termes qui ont longtemps été utilisés à Taïwan pour parler des peuples autochtones.
Upay Radiw Kanasaw a indiqué que les noms de rue devaient « respecter l'identité ethnique et la dignité culturelle », et que les gouvernements locaux devaient établir des mécanismes d'évaluation et d'inclusion des différents groupes ethniques au moment de nommer ou de renommer les rues.
Le membre du Yuan de contrôle a précisé que certains noms reflétaient le contexte historique autochtone et documentaient les interactions interethniques, comme c'est le cas de la commune Fanlu, dans le comté de Chiayi, qui est une route menant là où vivent le peuple Tsou dans Alishan. Il a toutefois alerté sur le fait qu'un manque de sensibilité culturelle dans certains noms pouvait continuer à engendrer des discriminations et nuire à l'identité et à la dignité des peuples autochtones.