Le lieu du meutre de la famille Lin à Taipei, qui est, depuis, devenu l'église presbytérienne Gikong, a été reconnu par le ministère de la Culture comme un site important pour la justice transitionnelle. Le 28 février 1980, le jour de l'ouverture du procès de l'Incident de Kaohsiung, la mère de Lin Yi-hsiung (林義雄), ses trois filles âgées de 7 et 9 ans ont été sauvagement poignardées à leur domicile. Seule la fille aînée de Lin a survécu à ce meurtre dont les auteurs n'ont jamais été formellement identifiés.
Le Musée national des droits de l'homme a indiqué mardi que le triple-meutre commis dans l'ancienne résidence du militant pro-démocratie Lin Yi-hsiung était très probablement lié aux activités politiques de ce dernier et à son engagement dans le mouvement d'opposition. En 1982, des membres de l'Eglise presbytérienne ont fait une levée de fonds pour racheter la maison et la convertir en église, où sont organisées tous les 28 févriers de chaque année, un culte en hommage à la mère et aux filles du couple.
En juin de cette année, l'église a fait une demande pour être classée comme site important pour la justice transitionnelle. Le Musée national des droits de l'homme a convoqué un panel pour mener une évaluation et une inspection du site le 10 juillet. Le Musée a déclaré qu'il travaillerait avec l'église pour installer une plaque commémorative et développer des programmes éducatifs, avec notamment des visites historiques, des conférences et des visites guidées en lien avec l'église et le quartier, ce afin d'entretenir le souvenir, de sensibiliser sur les droits de l'hommes et d'encourager la réflexion sur le développement démocratique de Taïwan. Notons qu'il s’agit du premier site de justice transitionnelle dont la demande a été faite par la société civile.