L’ex-président du Parti du peuple taïwanais (TPP) et ancien maire de Taipei Ko Wen-je (柯文哲), candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2024, a retrouvé sa liberté hier 8 septembre, après environ un an de détention, contre une caution de 70 millions de dollars taïwanais (1,9 million d’euros) et le port d'un bracelet électronique. Il fait l’objet d’une enquête sur un dossier de corruption présumée en lien avec le projet immobilier Core Pacific City. Après sa libération sous caution, Ko Wen-je s'est adressé à ses partisans, qualifiant sa détention d’«injustifiée» et accusant le Président Lai Ching-te (賴清德) d’avoir divisé le pays.
Réagissant aujourd’hui à ces propos, la porte-parole de la présidence, Karen Kuo (郭雅慧) a réaffirmé devant les médias que, par respect pour le pouvoir judiciaire, la présidence s’abstient de tout commentaire sur les affaires faisant l’objet d'une enquête en cours. Cependant, elle a ajouté que la présidence n’acceptera aucun propos diffamatoire infondé et soutiendra les procureurs et les enquêteurs dans la conduite de leurs investigations conformément à la loi.
Elle a déclaré : « La position de la présidence reste inchangée. Tant que quiconque est impliqué dans une violation de la loi, quels que soient son parti, son identité ou son statut, nous soutenons les procureurs et les enquêteurs dans leurs efforts pour clarifier les faits et poursuivre les auteurs conformément à la loi. » Karen Kuo a ajouté que Taïwan était un pays démocratique, libre et respectueux des lois. Ainsi, attaquer le chef de l'État ou diffamer le pouvoir judiciaire ne contribuera pas à clarifier les faits. La présidence espère que le Parti du peuple taïwanais fera face courageusement au pouvoir judiciaire et lui fera confiance.
Le Parquet de Taipei a aussi réagi de son côté, en indiquant qu’il ferait appel de la décision du tribunal de libérer Ko Wen-je sous caution. Le Parquet a aussi réfuté, dans un communiqué, l’accusation de Ko Wen-je selon laquelle les procureurs n’auraient « rien trouvé » dans l’affaire de corruption présumée le concernant. Le Parquet a également condamné les déclarations de Ko Wen-je, les qualifiant de « trompeuses » et d’« obscurcissement des faits », ajoutant que les procureurs avaient présenté des preuves, des témoignages et les résultats de contre-interrogatoires. Le communiqué précise que le tribunal a approuvé la détention de Ko et sa prolongation à trois reprises.
Par ailleurs, en réponse à l’allégation de Ko Wen-je selon laquelle il n’avait vu ni la lumière du jour ni personne depuis un an, le centre de détention de Taipei a déclaré que les détenus bénéficiaient de lumière, d'aération et de temps d'exercice régulier, ajoutant que toutes les personnes détenues au secret étaient isolées afin de maintenir l'ordre et la sécurité.