La Chine populaire a célébré les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale avec une grande parade militaire organisée le 3 septembre dernier à Pékin.
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (王毅) a profité de l'occasion pour invoquer à plusieurs reprises la Déclaration du Caire de 1943, le compte-rendu de la Conférence de Potsdam ainsi que le Traité de San Francisco pour affirmer que ces documents avaient obligé au Japon de rendre à la Chine tous les territoires que l’archipel avait volés à la Chine, y compris Taïwan.
Invité à réagir aux propos du chef de la diplomatie chinoise par l’agence de presse taïwanaise CNA, un porte-parole de l’Institut américain à Taïwan (AIT) a répondu par mail, le 12 septembre, que la Chine avait « intentionnellement dénaturé les documents de la Seconde Guerre mondiale dans une tentative de forcer et de vaincre Taïwan ».
Le bureau de représentation américain a estimé que les propos de Wang Yi constituaient une théorie erronée puisqu'aucun de ces documents n’avait tranché le statut politique définitif de Taïwan, ajoutant que cette théorie faisait partie des multiples tentatives de Pékin visant à isoler Taïwan de la communauté internationale et à limiter les droits des pays souverains à mener des échanges avec Taïwan.
L’ancien président de l’AIT Richard Bush, qui est désormais membre de la Brookings Institution, un groupe de réflexion américain, a estimé que c'était la première fois que l’Institut américain utilisait des propos aussi concrets pour soutenir le statut non déterminé de Taïwan. Selon le diplomate à la retraite, cette affirmation est liée avec la politique interdétroit du gouvernement américain, qui prône la détermination du futur statut de Taïwan par des moyens pacifiques et en accord avec la population taïwanaise.