La douane américaine a publié hier un ordre interdisant l'importation sur le sol américain de vélos, de composantes et d'accessoires fabriqués à Taïwan par la marque taïwanaise Giant, le plus grand fabricant de vélos au monde, invoquant des preuves de travail forcé.
L'ordre de suspension de la mise en circulation (withhold release order (WRO)) se base sur une loi interdisant l'importation aux Etats-Unis de produits issus du travail forcé, et ne semble pas concerner les vélos ou les autres produits fabriqués en dehors de Taïwan. Notons que Giant gère aussi des usines en Chine, au Vietnam, en Hongrie et aux Pays-Bas. Avec cet ordre de suspension, les importateurs des marchandises en question peuvent choisir de détruire les produits, de les réexporter ailleurs ou de prouver que les produits en question peuvent être importés.
Les services de douane américains ont indiqué qu'une enquête sur Giant avait identifié des indicateurs de travail forcé, et notamment des abus de vulnérabilité, des conditions de travail abusives, de la servitude pour dettes, des retenues de salaires et des heures supplémentaires excessives. La déclaration annonçant l'ordre précise que « Giant a profité de l'imposition de tels abus, résultant en des biens produits en-deçà de la valeur du marché et nuisant aux entreprises américaines en générant des profits injustes ».
Les détails de l'enquête n'ont pas été dévoilés, mais un rapport du Département du Travail américain basé sur des entretiens menés en 2024 avec des travailleurs vietnamiens et thaïlandais dans l'usine de Giant située dans l'arrondissement de Dajia, à Taichung, avait identifié des multiples risques de travail forcé. Le rapport avait indiqué que l'entreprise avait pris des mesures pour remédier à certains des problèmes recensés, notamment en cessant d'effectuer des retenues de salaires et en rénovant les dortoirs des ouvriers.
Dans un communiqué publié hier soir, le ministère de l'Economie taïwanais s'est engagé à travailler main dans la main avec le ministère du Travail afin de « résoudre rapidement toute crainte de possible travail forcé » et de mettre fin à l'ordre américain touchant les exportations taïwanaises.
L'entreprise Giant Bicycles a, quant à elle, réagi aujourd'hui en déclarant être en train de « clarifier activement les faits », ajoutant qu'elle travaillerait à faire lever l'interdiction. Giant a aussi mentionné une nouvelle politique mise en place en janvier 2025, dans le cadre de laquelle l'entreprise prend en charge les coûts de recrutement, les frais des agences intermédiaires et les frais administratifs pour l'emploi de nouveaux travailleurs étrangers.