Plusieurs groupes de la société civile et ONG se sont réunies pour exhorter aujourd’hui le gouvernement taïwanais à renforcer concrètement les conditions de renouvellement des licences d’exploitation des centrales nucléaires, alors que les derniers amendements de la Loi sur le contrôle des installations nucléaires votés en mai entrent en vigueur.
Selon ces amendements, il est dorénavant possible de prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires de 20 ans et, malgré les auditions publiques menées en août, les ONG engagées dénoncent un processus « purement formel ». Elles réclament des contrôles concrets et transparents couvrant les risques géologiques, sanitaires et même le volet de la sécurité nationale. Hsieh Wan-hua (謝婉華), professeure associée en santé publique à l’Université Tzu Chi, a notamment insisté sur la question de l’impact sur la santé des riverains: « Les contaminations radioactives sont persistantes et nécessitent une surveillance sur le long terme, de dix ans, voire 20 ans. Nous souhaitons que les autorités afférentes planifient un contrôle suivi. Si les réglementations s’avèrent trop complexes, il est envisageable de recourir à des annexes pour gérer les rapports de simulation de catastrophe et l’'impact sanitaire. »
Les ONG exigent ainsi des exploitants la tenue de simulations sur les effets potentiels de divers types de catastrophes et leur impact sur la santé des riverains, avec la mise en place d’examens médicaux réguliers pour les habitants et d’un dispositif de suivi environnemental. D’autre part, les défenseurs des droits autochtones réclament l’établissement clair de critères d’approbation, avec un droit de refus, afin que le contrôle de la sûreté nucléaire ne se résume pas à une simple formalité administrative.