La délégation parlementaire conduite par Eric Bothorel, président du groupe d’amitié France-Taïwan de l’Assemblée nationale, en visite à Taïwan du 17 au 20 avril, a rencontré aujourd’hui le vice-Président Lai Ching-te (賴清德). Lors de cet entretien, Lai Ching-te a déclaré que cette visite prenait toute son importance dans le contexte de déstabilisation du détroit de Taïwan par la Chine et de sa menace grandissante vis-à-vis de Taïwan.
Lai Ching-te (賴清德) a affirmé qu’à l’heure où le monde est confronté à la menace de la montée du totalitarisme et au choix entre démocratie et dictature, Taïwan était en première ligne dans la lutte contre le totalitarisme et ne manquerait pas de défendre fermement sa souveraineté et les valeurs de la démocratie, de la liberté et des droits de l’Homme. Selon lui, face à la menace du totalitarisme, aucun pays n’est à l’abri. Il a déclaré : « Nous espérons vivement que le monde pourra mettre en pratique l’esprit des Trois Mousquetaires décrit par Alexandre Dumas : « un pour tous, tous pour un », car tant que nous serons unis, je suis convaincu que nous pourrons stabiliser le développement pacifique du monde ».
Le vice-Président a précisé qu’il s’agissait de passer de la coopération économique à une alliance de sécurité. Il a souligné que la guerre russo-ukrainienne avait montré que la sécurité et l'économie étaient intimement liées, et que si la coopération économique était étroite et confiante, cela permettrait de mieux relever les défis liés à l’ordre et à la sécurité. Il s’est ainsi réjoui que la société française Air Liquide coopère avec la société taïwanaise TSMC et que des entreprises françaises telles qu’EDF et des entreprises taïwanaises travaillent ensemble afin de promouvoir l'industrie éolienne à Taïwan.
La délégation conduite par Eric Bothorel s’est également entretenue aujourd’hui avec le président du Yuan législatif, You Si-kun (游錫堃). S’exprimant, à l’issue de cette rencontre sur les propos controversés du Président Emmanuel Macron à son retour de Chine laissant entendre que l’Europe ne devait pas s’impliquer dans un éventuel conflit dans le détroit de Taïwan, Eric Bothorel, qui appartient au parti présidentiel Renaissance, a déclaré : « La France ne veut pas de conflit et je crois qu’aucun pays ne veut le conflit. Lorsque le Président de la République s’exprime, il rappelle finalement nos espoirs et nos espérances à tous : quel que soit l’endroit du monde qui subit des secousses, des tensions, des drames, puisque l’Europe est traversée par un drame parce que la Russie fait la guerre à l’Ukraine. Tant qu’il est permis, toujours et encore, offrir la possibilité de résolution des conflits par la paix plutôt que par la guerre et la violence, je crois que c’est le souhait de la plupart des chefs d’Etat des grandes démocraties de ce monde et le Président de la République s’exprime comme un grand Président de la République de démocratie du monde ».
Eric Bothorel est par ailleurs revenu sur le concept d’autonomie stratégique promu par le Président Emmanuel Macron : « En France, on distingue la souveraineté du souverainisme. Le souverainisme, ce serait bannir toute relation avec des entreprises étrangères. La souveraineté, c’est être capable d’être maître de son destin, y compris en travaillant avec les autres ».
La délégation a par ailleurs rencontré le président de la commission ministérielle des affaires continentales Chiu Tai-san (邱太三) et la ministre du Numérique Audrey Tang (唐鳳), avec qui il a notamment été question du renforcement de la coopération dans les domaines liés à la transformation numérique du gouvernement, à la sécurité informatique et à la résilience numérique.