Cette recherche conduite par l’équipe de la professeure Chao Dai-yu (趙黛瑜) de l’institut de recherche en microbiologie et en santé publique de l’Université Chung Hsing, montre que les individus infectés par la dengue et l'encéphalite japonaise pourraient avoir acquis une immunité contre le virus Zika.
Cette recherche vient d’être publiée dans la revue scientifique Communications Biology. Selon les données de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le virus Zika a déjà été signalé dans 89 pays ou régions du monde avec plus de 800 000 infections en Amérique latine et dans les Caraïbes entre 2015 et 2022. Taïwan avait listé le virus Zika comme une maladie infectieuse en 2016, or le pays n’a connu que des cas importés de manière sporadique sans aucune transmission locale. Cela signifie que les régions où la vaccination contre l'encéphalite japonaise et où les infections de dengue sont courantes pourraient présenter une immunité contre le virus Zika. Taïwan a commencé le programme de vaccination contre l'encéphalite japonaise pour les enfants en 1968, et des épidémies périodiques de dengue ont eu lieu dans le sud de Taïwan depuis 1980.
Dans cette étude, les chercheurs ont noté que les Taïwanais précédemment guéris de la dengue et exposés à l’encéphalite japonaise disposent de l’anticorps K8b, qui s’attache au virus Zika d’une manière unique et neutralise potentiellement les effets nocifs du virus.
Cette découverte met non seulement en lumière la réponse du système immunitaire, mais suggère également que les vaccins existants contre l’encéphalite japonaise pourraient offrir une protection contre le virus Zika dans les régions sujettes à la dengue, ce qui est important pour les femmes enceintes et les voyageurs se rendant dans des zones où le virus Zika est répandu.