Des journalistes de l’agence de presse taïwanaise CNA ont contacté par courriel le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de l’Union européenne (UE) concernant la position de la Chine sur la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations Unies. Un porte-parole de l’UE a répondu que la résolution était très brève et ne mentionnait pas le mot « Taïwan ». Cette résolution a simplement substitué à l’ONU les « représentants de (l’ancien Président) Tchang Kaï-chek » par les « représentants du gouvernement de la République Populaire de Chine », a-t-il précisé.
Le porte-parole de l’UE a en outre déclaré que des solutions pragmatiques devaient être adoptées, afin de permettre à Taïwan de participer de manière significative aux affaires internationales, à condition qu’elles soient conformes aux règles et aux conventions de l’organisation, à la politique d’une seule Chine de l’UE et à ses objectifs politiques. Il a également affirmé que l’UE s’engageait à discuter avec ses partenaires pour trouver des solutions pragmatiques visant à inclure Taïwan dans les domaines où sa technologie et ses capacités pouvaient apporter une valeur ajoutée.
L’UE encourage également la résolution pacifique des conflits entre les deux rives du détroit. Le porte-parole a déclaré que les tensions devaient être apaisées par le dialogue entre les deux rives et que des canaux de communication appropriés devaient être maintenus, afin de réduire les risques d’erreurs de jugement. Il est crucial de faire preuve de retenue et d’éviter toute action susceptible d’exacerber davantage les tensions entre les deux rives, a-t-il souligné.
Dans une interview accordée à CNA début octobre, Hsieh Jyh-wey (謝志偉), le nouveau représentant de Taïwan en Belgique et auprès de l’UE, avait souligné que la Chine s’était engagée ces dernières années dans des batailles juridiques pour inclure Taïwan dans ses revendications, notamment en déformant l’interprétation de la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations Unies. Dans ce contexte, l’Allemagne, membre clé de l’UE et de l’OTAN, avait envoyé un navire traverser le détroit de Taïwan en septembre dernier, témoignant du fait que ce détroit faisait partie des eaux internationales.
Els Van Hoof, coprésidente du groupe d’amitié parlementaire Belgique-Taïwan, a rappelé récemment que la chambre des représentants belge avait adopté une résolution soulignant la nécessité de maintenir le statu quo dans le détroit de Taïwan, que la résolution 2758 de l’Assemblée générale de l’ONU ne définissait pas le statut de Taïwan et soutenant une participation significative de Taïwan aux organisations internationales.
Michael Gahler, président du groupe d’amitié parlementaire EU-Taïwan, a quant à lui déclaré récemment qu’une résolution du Parlement européen adoptée en octobre dernier stipulait clairement que la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations Unies ne mentionnait pas Taïwan et que la Chine devait cesser ses provocations militaires autour de Taïwan.