Le ministre de l'Économie Kung Ming-hsin (龔明鑫) a réagi aujourd'hui aux craintes liées à un éventuel blocus énergétique de Taïwan par la Chine, promettant d'étendre la capacité de stockage de gaz naturel liquéfié (GNL) de l'île « aussi vite que possible ».
Les propos du ministre de l'Economie font suite à un article publié récemment par le Wall Street Journal (WSJ), dans lequel on peut lire que la Chine pourrait pousser Taïwan vers une situation de pénurie totale en conduisant un blocus de l'île, dont 97 % de l'énergie dépend des importations par voie maritime.
Le quotidien américain évoque des simulations menées par le Center for Strategic Studies, un groupe de réflexion basé à Washington, qui ont montré qu'en cas de blocus, les réserves de Taïwan en GNL seraient épuisées en moins de deux semaines. Un délai qui passe à sept semaines pour les réserves de charbon.
Le groupe taïwanais Formosa Petrochemical a été vivement critiqué pour ses achats continus auprès de la Russie de naphta, un mélange liquide d'hydrocarbures légers, qui ont augmenté pendant la guerre en Ukraine et ce jusqu'au premier semestre de cette année. Le ministre de l'Economie a déclaré aujourd'hui que le contrat de Formosa Plastics allait arriver à expiration et qu'après discussions, l'entreprise taïwanaise avait accepté de ne plus acheter de naphta russe.
Toujours au sujet d'un éventuel blocus, lors d'une session questions-réponses au parlement, le ministre de la Défense Wellington Koo (顧立雄) a déclaré que « de grandes quantité de carburant et de stockage de munitions étaient nécessaires pour la préparation au combat ». Le ministre a ajouté qu'un budget spécial de 113,2 milliards de dollars taïwanais (3,2 milliards d'euros) du ministère de la Défense comprenait 3,2 milliards (90 millions d'euros) pour l'achat de carburant réservé à la préparation au combat auprès de la compagnie CPC. Le projet de budget a été approuvé par le gouvernement en septembre mais doit encore être adopté par le Parlement. Wellington Koo a aussi indiqué que le carburant stocké serait réparti sur différents sites afin de « renforcer la résilience » et d'assurer la « durabilité en matière de combat ».