En ce 10 décembre, journée mondiale des droits humains, la Commission nationale taïwanaise des droits humains et le Bureau français de Taipei (BFT) ont co-organisé une conférence sur le thème « échos de l’histoire : vérité historique et mouvements pour les droits humains sous un régime totalitaire ».
Chen Chu (陳菊), la présidente de la Commission, a déclaré à cette occasion que Taïwan avait connu la deuxième plus longue période de loi martiale de l'histoire mondiale. Grâce aux efforts de plusieurs générations de Taïwanais et à l'aide de pays démocratiques, le pays a pu se démocratiser.
Chen Chu, a rappelé que dans le classement 2023 de l’indice de démocratie publié récemment par Economist Intelligence Unit (EIU), Taïwan se classait 10e sur 167 pays et régions, et au premier rang en Asie. Selon elle, la légalisation du mariage pour les couples de même sexe en 2019 a été une étape très importante.
Chen Chu a insisté sur le fait que bien que Taïwan ne soit pas membre des Nations unies, le gouvernement mettait en œuvre plusieurs conventions de l’ONU relatives aux droits humains et fournissait de l’aide humanitaire aux pays qui en ont besoin. Elle a déclaré : « Alors qu’autrefois les droits humains y étaient bafoués, Taïwan est aujourd’hui devenu un pays qui défend les droits humains et souhaite les promouvoir à travers le monde. Merci de votre soutien aux droits humains. »
Franck Paris, directeur du BFT, a quant à lui souligné la fragilité des démocraties, dont témoignent notamment les récents événements en Corée du Sud (tentative de déclarer la loi martiale) qui sont un signal d’alarme. Il a souligné l’importance de la justice transitionnelle pour la démocratie, et le fait que la France était prête à partager son expérience.
Lutz Guellner, le directeur du Bureau économique de l’UE à Taïwan (EETO), a rappelé l’importance de la mémoire, estimant que le travail en faveur des droits humains commençait par se souvenir des pages sombres de l’histoire.