La Fondation pour les échanges entre les deux rives (SEF), organisme semi-officiel chargé des relations interdétroit, a tenu aujourd'hui une réunion de son 12e conseil d'administration et de surveillance. A cette occasion, le président de la SEF, Wu Feng-shan (吳豊山), a déclaré que si une guerre éclatait dans le détroit de Taïwan, quel que soit le camp choisi par les pays de la communauté internationale, les deux parties subiraient des conséquences catastrophiques, car la guerre ne laisse derrière elle que des ruines, des fleuves de sang et la régression de la civilisation.
Il a précisé que le détroit de Taïwan était devenu une préoccupation mondiale ces dernières années, mais qu'aucun think-tank ne croyait à une invasion de la République populaire de Chine par Taïwan. Les analystes s’inquiètent plutôt d’une éventuelle annexion de Taïwan par la force et d’un déni de libre navigation dans le détroit, qui ébranlerait l’économie mondiale.
Wu Feng-shan a affirmé que la gouvernance séparée des deux rives du détroit de Taïwan étaient le résultat d'une évolution historique. Aujourd'hui, 76 ans après, la République de Chine à Taïwan a développé un système libre et démocratique, tandis que la République populaire de Chine maintient une dictature à parti unique. La grande majorité des Taïwanais aspirent au maintien d'un système libre et démocratique et à une coexistence pacifique avec la Chine.
Il a déclaré : « Par conséquent, si les dirigeants des deux rives du détroit de Taïwan accordaient la priorité au bien-être de la population, la coexistence pacifique et la prospérité des deux rives deviendraient la seule voie prometteuse pour les relations interdétroit. Quiconque déclencherait une guerre de manière inconsidérée serait inévitablement un coupable dans l’histoire. »
Citant le discours de la Fête nationale du Président Lai Ching-te (賴清德) et une interview accordée à une émission de radio américaine, Wu Feng-shan a souligné que Taïwan avait proposé des initiatives constructives. Il a donc réitéré son appel à l’homologue chinoise de la SEF, l'Association pour les relations entre les deux rives du détroit de Taiwan (ARATS), à persuader les hauts responsables chinois, d’une part de relancer le mécanisme de dialogue fondé sur l'Accord de 1993 sur le système de contact et de discussion entre les deux rives du détroit, et d’autre part de prendre des mesures constructives en vue de favoriser la paix et le développement entre les deux rives.