La ministre de l’Economie Wang Mei-hua (王美花), en visite en France à la tête d’une délégation d’industriels, a assisté hier à un dialogue économique de haut niveau avec la France, une rencontre politiquement sensible en raison de l’absence de relations officielles entre les deux pays.
Les discussions se sont concentrées, entre autres, sur les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les véhicules électriques, les énergies renouvelables et l’industrie aérospatiale, ainsi que sur la chaîne d’approvisionnement mondiale. Selon le ministère taïwanais, la France, qui occupe une place importante sur le marché mondial d’automobiles, et Taïwan, qui dispose d’une industrie avancée des semi-conducteurs, pourraient collaborer dans le développement d’applications électroniques pour les véhicules électriques.
La délégation a indiqué que Taïwan, qui produit déjà des installations au sol pour satellites, souhaite coopérer avec la France dans le domaine aérospatial en lui proposant ses technologies en matière de télécommunication et d’information. Elle a aussi invité la France à créer à Taïwan des stations de réception de signaux pour satellites.
Durant la réunion, les deux parties ont établi une feuille de route et un calendrier avec notamment une prochaine rencontre à Taipei en septembre.
Selon une source du ministère taïwanais, la préparation de la réunion à Paris s’est faite dans le secret afin d’éviter d’éventuelles inégérences extérieures. La ministre a profité de son voyage pour rendre visite à plusieurs sociétés françaises, dont le groupe Eutelsat, TotalEnergies, Engie ainsi que des associations industrielles, mais aussi pour assister à une réunion avec les collaborateurs français de l’éolien en mer.
A noter que Taïwan et la France ont tenu par le passé 30 réunions industrielles et 11 réunions consultatives de coopération économique avec un niveau de participation infra-ministérielle. Cette rencontre de niveau ministériel est donc une fusion des deux types de réunions bilatérales précédentes. Néanmoins, le ministère taïwanais n’a pas identifié le participant de plus haut niveau du côté français.