Le directeur général du Bureau de la sécurité nationale, Tsai Ming-yen (蔡明彥), a mis en garde contre l’ingérence chinoise lors des élections locales de 2026 aujourd’hui, lors du rapport devant la commission des affaires étrangères et de la défense nationale du Yuan législatif.
Tsai Ming-yen a déclaré que les menaces et les infiltrations chinoises envers Taïwan s’étaient progressivement intensifiées. A l’approche des élections locales 2026, le Bureau de la sécurité nationale a lancé un projet interministériel afin d'intégrer les renseignements et de surveiller de manière préventive les activités anormales. Il a déclaré : « La Chine utilise les technologies émergentes pour perturber l’opinion publique à Taïwan. Cette année seulement, nos équipes de renseignement en matière de sécurité nationale ont identifié plus de 1,5 million d’informations controversées et plus de 18 000 comptes anormaux. La Chine utilise principalement les médias d’État, des armées de trolls en ligne et des médias de divertissements ou de société pour diffuser à plusieurs niveaux des contenus controversés attaquant le gouvernement taïwanais ou promouvant des discours pro-Chine et anti-États-Unis. Son objectif principal est d’exacerber les divisions internes. »
Dans une interview accordée ensuite aux médias, Tsai Ming-yen, interrogé sur l’ingérence dans les élections à la présidence du Kuomintang (KMT), parti majoritaire au Parlement, a affirmé que plus de mille vidéos ont été publiées à partir de comptes situés à l’étranger pour la plupart, et dont la plupart circulent sur Douyin, la version chinoise de TikTok. Plus de 200 vidéos de cette nature sont sur YouTube, publiées à partir de 23 comptes dont la moitié se trouvent en dehors de Taïwan. Tsai Ming-yen a refusé de préciser quels candidats ces vidéos soutenaient, compte tenu du fait que l’élection du président du KMT se tiendra le 18 octobre.
Tsai Ming-yen a souligné que ces dernières années, la Chine a adopté un modèle de collaboration public-privé pour les cyberattaques contre Taïwan impliquant la mobilisation du ministère chinois de la Sécurité publique, du ministère de la Sécurité d'État et des cyberarmées locales. Il a déclaré que le gouvernement fait actuellement face à 2,8 millions de tentatives d’attaques par jour. Les tactiques courantes consistent à infiltrer les systèmes pour voler des données, qui sont ensuite réécrites et diffusées à plusieurs reprises sur le dark web et les plateformes de réseaux sociaux afin de tromper l’opinion publique et d’éroder la confiance du public dans le gouvernement.