L'agence de presse britannique Reuters a publié aujourd'hui un article suggérant que le gouvernement taïwanais est préoccupé par la possible inclusion de l'archipel de Kinmen dans le 15e plan quinquennal (2026-2030) pour le développement économique et social national.
L'article cite deux responsables taïwanais qui indiquent de manière anonyme que Taïwan « surveille de près » la session plénière du 20e Comité central du Parti communiste chinois (PCC) qui doit se conclure aujourd'hui à Pékin et lors de laquelle doit être discuté le nouveau plan quinquennal, dont les détails seront révélés en mars 2026. Les deux responsables taïwanais cités indiquent que Taïwan se demande si le nouveau plan fera mention de l'approfondissement de l'intégration économique avec Kinmen, un archipel administré par Taïwan mais situé très proche des côtes chinoises.
L'article explique que la Chine utilise depuis longtemps l'approche « de la carotte et du bâton » avec Kinmen, menaçant l'archipel avec de fréquentes incursions de garde-côtes dans ses eaux tout en offrant diverses incitations telles que l'approvisionnement en gaz et en électricité, ce afin de rapprocher les 140 000 habitants de Kinmen de la Chine.
Reuters rappelle aussi que l'archipel, de par sa proximité géographique avec la Chine, est particulièrement vulnérable à l'influence économique et politique de Pékin et que de nombreux habitants de Kinmen entretiennent par ailleurs des liens familiaux et commerciaux étroits avec la Chine, accessible en quelques minutes par bateau. Kinmen dépend également en partie de la Chine pour son approvisionnement en eau douce en vertu d'un accord conclu sous le gouvernement du Kuomintang (KMT) dans le cadre de sa politique de rapprochement avec Pékin.
Les deux responsables ont indiqué que l'inclusion par la Chine de Kinmen dans son plan quinquennal constituerait une tentative de Pékin d'établir un contrôle juridique de facto sur l'archipel. Un des responsables a ajouté que « les relations interdétroit pourraient passer de disputes de souveraineté à une compétition de juridiction ».