Le décès d'une hôtesse de l'air de la compagnie EVA Air à la mi-octobre a suscité de vives critiques au sein de l'entreprise, les syndicats affirmant que la pression au travail et la politique trop stricte d'EVA Air en matière de congés maladie ont contribué de manière significative à la mort de l'employée.
La compagnie aérienne a formulé des excuses publiques et promis des mesures, mais plusieurs syndicats se sont réunis aujourd'hui devant le siège du ministère du Travail pour protester et accusent EVA Air de vouloir faire traîner le dossier.
Les syndicats ont déclaré qu'après l'incident, le ministère du Travail avait affirmé être parvenu à un accord avec les six grandes compagnies aériennes taïwanaises, de manière à ce que les congés maladie ne soient pas pris en compte dans les évaluations des performances des employés. Le président du Taoyuan Flight Attendants Union (TFAU) Chang Shu-yuan (張書元) a accusé le ministère d'avoir inventé cet accord pour apaiser la situation.
La directrice du Syndicat taïwanais des infirmières (台灣護理產業工會) Cho Yi-feng (卓宜鋒) a attiré l'attention sur les similitudes entre le travail des infirmières et des hôtesses de l'air, qui sont des emplois hautement spécialisés et à haut risque, dans lesquels la fatigue excessive peut mettre en danger la sécurité des patients ou des passagers. Cho Yi-feng a annoncé qu'il était pourtant très difficile de prendre des congés :
« Nous avons des collègues qui essaient de concevoir (des enfants) et qui ont demandé à travailler de jour pour avoir un rythme de vie plus sain. Leurs supérieurs leur ont dit "Vous n'êtes pas au courant que les infirmiers travaillent par roulement ? Est-ce que vous êtes enceinte ? On fera des changements seulement si vous êtes enceinte". Qu'est-ce que c'est que ce genre de réaction ? Tout cela est possible en raison de l’insuffisance de la loi qui n’exige pas des entreprises d'avoir des effectifs suffisants. »
D'autres voix se sont élevées pour demander d'amender la Loi fondamentale sur le travail afin d'assurer aux employés, sur les 30 jours de congés maladie, un certain nombre de jours payés au tarif complet, mais aussi d'interdire aux employeurs de sanctionner de quelque manière que ce soit les employés pour avoir pris un congé maladie.