Le syndicat de la grande entreprise d’équipements médicaux Taidoc Technology Corp. a protesté aujourd’hui devant le ministère du Travail contre le travail forcé de ses employés introduits de l’Asie du Sud-Est. Les membres du syndicat accusent l’entreprise d’exiger des frais d’agence intermédiaire particulièrement élevés, de restreindre la liberté individuelle des travailleurs migrants et de réprimer les dirigeants du syndicat.
Le secrétaire général du syndicat Wang Ying-da (Lennon Wang, 汪英達) a déclaré que les responsables de Taidoc Technology exigent des travailleurs migrants d’envoyer une photo d’eux tous les soirs entre 22h et 23h, pour s’assurer qu’ils sont à leur dortoir. Les employés qui ne téléversent pas leur photo dans les délais impartis se voient sujets à un avertissement. Même l’utilisation d'une rallonge expose à un avertissement. A noter que chaque avertissement se traduit par des tâches de ménage après les heures de travail pendant 30 jours consécutifs, sans rémunération d’heures supplémentaires.
Lin, une membre du syndicat, accuse l’entreprise de faire rapatrier dans leur pays les employées féminines qui tombent enceinte. Elle a souligné que l’entreprise prélevait divers frais intermédiaires : 18 000 NTD (503 euros) pour le renouvellement du contrat, 50 000 NTD (1400 euros) pour un retour des Philippines et 18 000 NTD pour un transfert d'une autre entreprise vers Taidoc. En cas de démission, l’employé doit s’acquitter d’un mois de salaire à titre de pénalité.
Lin a déclaré : « Tout ce système est conçu pour nous piéger dans un endettement inexorable, nous contraignant à obéir et nous empêcher de nous en sortir, malgré nos grandes souffrances. »
Le ministère du Travail a réagi aujourd’hui en précisant que la chaîne d'approvisionnement internationale accorde une grande importance à la question du travail forcé, notamment par le principe du « recrutement équitable des travailleurs migrants et le paiement des frais de recrutement par l’employeur », qui s’inscrit dans une tendance internationale vers des politiques de non-frais nécessaires pour les travailleurs migrants. De plus, les employeurs ne doivent pas entraver la capacité des travailleurs migrants à se syndiquer ni empêcher les syndicats d’exercer leurs droits. Si la commission d'arbitrage du ministère du Travail conclut que les conditions d’emploi constituent du travail abusif, l’employeur sera tenu responsable.