Lors d’une réunion de la Commission des affaires budgétaires de la Chambre basse de la Diète le 7 novembre dernier, le député japonais du Parti démocrate constitutionnel Katsuya Okada a interrogé la Première ministre Sanae Takaichi sur sa position vis-a-vis de Taïwan en cas de conflit interdétroit.
Le député a demandé si une situation d'urgence pour Taïwan (« Taiwan contingency ») pourrait être jugée comme menaçant l’existence du Japon et ainsi justifier l’exercice du droit d’autodéfense du Japon tel que stipule la Loi sur la paix et la sécurité adoptée en 2015.
La question fait référence à des propos tenus en 2021 par l'ex-Premier ministre japonais Shinzo Abe et mentor de l'actuelle chef du gouvernement japonais Sanae Takaichi qui, au sujet d'une possible invasion de Taïwan par la Chine, avait déclaré « qu'une urgence pour Taïwan était une urgence pour le Japon ».
La chef du gouvernement a répondu que l'utilisation de navires et d’autres armements (contre Taïwan) pourrait constituer une menace pour l’existence du Japon, précisant toutefois que le gouvernement devrait analyser tous les éléments de la situation avant de prendre une décision.
Notons que Sanae Takaichi a déjà déclaré qu'un éventuel blocus de Taïwan (comprendre : par la Chine) risquait d’être suivi d’une utilisation de la force par la Chine pour dissuader une intervention de l'armée américaine. La Première ministre avait toutefois indiqué que si les navires effectuant le blocus n'étaient pas des bateaux militaires, un tel blocus ne constituerait pas une menace pour l’existence du Japon. Des propos qui avaient, à l'époque, soulevé des discussions concernant la définition de menace.
Aujourd’hui au Parlement japonais, le député Hiroshi Ogushi du Parti démocrate constitutionnel a rebondi sur le sujet, invitant Sanae Takaichi à éclaircir les critères du gouvernement. Cette dernière a déclaré qu’elle n’avait pas l’intention de révoquer ce qu’elle avait dit le 7 novembre mais a ajouté qu’elle éviterait désormais de citer des exemples précis.