Tsai Ing-wen, Présidente de la République taïwanaise de 2016 à 2024, est actuellement en visite en Allemagne où elle a prononcé un discours, hier, à la première Berlin Freedom Conference, 36 ans après la chute du Mur. Cette conférence a réuni des dirigeants politiques et des responsables de la société civile de divers pays, afin de discuter des moyens de résister à la résurgence de l'autoritarisme.
A cette occasion, Tsai Ing-wen a souligné que les Etats autoritaires érodent les démocraties par la guerre cognitive et la manipulation de l'information. Selon l’ancienne Présidente, les régimes autoritaires exploitent l'ouverture des sociétés démocratiques pour interférer dans les processus électoraux, créer des divisions et saper la confiance du public envers le gouvernement et le système démocratique. Ces attaques sont difficiles à détecter, mais causent des dommages profonds, a-t-elle précisé.
Tsai Ing-wen a également insisté sur le fait que Taïwan était à l'avant-garde de la défense de la démocratie, mais que demain, n'importe quel pays pourrait être confronté au même défi. Taïwan est disposé à partager son expérience de « défense résolue de la liberté », appelant les nations démocratiques à s'unir, car seul le renforcement de la coopération et de la défense permettra d'assurer, selon elle, la sécurité mutuelle et la pérennité des modes de vie démocratiques pour les générations futures.
L’ancienne Présidente a déclaré que les menaces militaires et tentatives d’influence chinoises étaient vaines. Les Taïwanais n’ont pas laissé s’installer la peur ni l’apathie, mais ont su transformer ces défis en atouts, développant une plus grande résilience, a précisé Tsai Ing-wen.
Cette résilience revêt selon elle de multiples aspects : résilience individuelle, collective, de l'économie, de la défense. Taïwan continue d'accroître ses investissements en matière de défense et promeut une résilience militaire de la société dans son ensemble. De plus, Taïwan a renforcé ses infrastructures numériques afin de se prémunir contre les cybermenaces, collabore avec la société civile pour lutter contre la manipulation de l'information, et a mis en place un écosystème contribuant à la sécurité des chaînes d'approvisionnement mondiales grâce à des partenariats stratégiques.
Dans ce domaine, elle a insisté sur le fait que les industries taïwanaises de hautes technologies, et notamment celle des semi-conducteurs, étaient devenues indispensables à l'économie mondiale. À l'ère où l'intelligence artificielle (IA) définit la puissance nationale, l'industrie taïwanaise des semi-conducteurs est un pilier de la prospérité mondiale.
Tsai Ing-wen a encore souligné que la stabilité régionale et la sécurité mondiale étaient des responsabilités partagées. Malgré la distance, les pays partageant les mêmes valeurs peuvent œuvrer pour la paix et la stabilité dans la région Indo-Pacifique par leurs actions et leurs prises de position. Elle a en outre souligné qu’un soutien clair et constant à la sécurité de Taïwan constituait un moyen de dissuasion efficace contre l'expansion de l’autoritarisme.
Pour conclure, Tsai Ing-wen a remercié le G7, l'UE, les États-Unis et le Parlement fédéral allemand pour leurs déclarations de ces dernières années, témoignant de l'intérêt et de l'importance que la communauté internationale accorde à la stabilité dans le détroit de Taïwan. Elle a affirmé que ces prises de position avaient permis à Pékin de savoir que Taïwan n'était pas seul et aux Taïwanais de se sentir soutenus.