Le député taïwanais du DPP et co-fondateur de l’Académie Kuma (formation à la protection civile) Puma Shen (沈伯洋) que la Chine a récemment placé sur la liste des personnes recherchées pour « promotion de l'indépendance de Taïwan », s'est exprimé hier devant la Commission des droits de l'homme et de l'aide humanitaire du Parlement allemand.
Selon un article publié par la chambre basse du Parlement fédéral allemand, Puma Shen faisait partie de six experts invités à s'exprimer devant la commission parlementaire du Bundestag sur la « désinformation menée par les Etats autocratiques visant à affaiblir la démocratie et à menacer les droits de l'homme ».
Interrogé par les journalistes à la fin de l'audition, Puma Shen a confié avoir partagé son expérience en tant que député taïwanais et en tant que spécialiste de la lutte contre la désinformation. Ont également été abordées la campagne chinoise de désinformation qui affecte à la fois l'Europe et Taïwan, ou encore la manière dont la Russie et la Hongrie diffusent des fausses informations à travers l'Europe.
Notons que dimanche, un expert judiciaire chinois a déclaré sur la chaîne de télévision d'Etat chinoise CCTV que le député taïwanais devait être poursuivi via l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol) et d'autres accords bilatéraux d'aide judiciaire conclus entre la Chine et d'autres pays. Ces propos ont suscité des inquiétudes à Taïwan, certains craignant que Puma Shen ne soit arrêté lors d'un déplacement à l'étranger et extradé vers la Chine.
Mardi, Puma Shen a déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook qu'il n'avait pas peur de la menace chinoise visant « à le traquer dans le monde entier », déclarant que « pendant très longtemps, la Chine avait usé d'actions coercitives pour tenter de faire taire des Taïwanais ».
Notons que plusieurs ministères et agences gouvernementales taïwanaises ont récemment accusé la Chine de pratiquer une « juridiction au bras long », une expression empruntée de l'anglais qui fait référence aux législations extraterritoriales, pour tenter de donner l'illusion que la juridiction chinoise s'étend au territoire taïwanais et ainsi affirmer sa souveraineté sur l'île.
La commission ministérielle des affaires continentales (MAC) a rappelé aujourd’hui que toute personne physique ou morale fournissant des informations conformément aux « avis de récompense » émis par la Chine à l’encontre des personnes « recherchées » pourrait encourir une peine d'emprisonnement de sept ans ou plus, selon la gravité de l'infraction, sur la base de la loi sur la sécurité nationale, de la loi sur le service national de renseignement ou du Code pénal.