L'équipe de recherche de l'organisation Global Carbon Project (GCP) a publié aujourd'hui son rapport 2025, qui confirme que les émissions de dioxyde de carbone issues des énergies fossiles devraient atteindre un nouveau record en 2025 et qu'il sera quasiment « impossible » de limiter le réchauffement planétaire à moins de 1,5 °C.
Concernant Taïwan, les émissions totales de dioxyde de carbone ont atteint les 262,3 millions de tonnes en 2024, soit une baisse d'environ 2,1 % par rapport à l'année de référence (2005), des chiffres qui placent le pays très loin de son objectif fixé entre 26 à 30 % pour 2030.
Hsu Huang-hsiung (許晃雄), chercheur émérite au Centre de recherche sur les changements environnementaux à l'Academia Sinica, la plus prestigieuse institution de recherche à Taïwan, fait remarquer que même si l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 était atteint, les températures ne baisseraient pas immédiatement pour autant et que le réchauffement climatique pourrait se poursuivre pendant plusieurs siècles. Le chercheur ajoute que des mesures devraient être envisagées pour faire face à une hausse du réchauffement située entre 2,5 et 3 degrés.
Hsu Huang-hsiung prend l'exemple des précipitations extrêmes et affirme qu'avec une hausse de 1°C, la probabilité de fortes pluies augmente de 14 %. Ainsi, avec les prévisions actuelles d'une augmentation de 2 à 3 degrés, Taïwan pourrait connaître une augmentation de plus de 20 % de ce phénomène, avec les dégâts (inondations, glissements de terrains,...) qui vont avec.
Hsu Huang-hsiung et ses collègues estiment que les mesures et les objectifs de réduction des émissions de CO2 et de développement des énergies vertes prises par le gouvernement taïwanais sont insuffisants et que des progrès doivent être réalisés pour augmenter le recours à l'énergie marine et à l'énergie géothermique.