La Commission ministérielle des affaires continentales (MAC) a publié un message sur les réseaux sociaux, rappelant à la population taïwanaise que le Parti communiste chinois (PCC) recourait de plus en plus à six méthodes pour infiltrer Taïwan : la coercition pour obtenir des informations classifiées, l'infiltration des organisations locales, l'infiltration des partis politiques, des entreprises pour obtenir des informations technologiques confidentielles, l'ingérence électorale, ainsi que l'infiltration “en zone grise”.
Ce message de la MAC se basait sur une analyse du juge du tribunal de Taipei Hsu Kai-chieh (許凱傑), spécialiste en matière de sécurité nationale, dévoilées en octobre dernier. Celui-ci a alerté sur l'escalade de l'infiltration du PCC à Taïwan, citant plusieurs exemples : des militaires contraints de remettre des informations secret défense, l’infiltration d’associations locales, des invitations de chefs de quartiers ou de village à des voyages en Chine.
Selon Hsu Kai-chieh, la Chine déploie également des espions pour infiltrer divers partis politiques, dans le but de déstabiliser la société. Des allégations d'ingérence du PCC dans les élections taïwanaises ont en outre été formulées, bien qu'il soit difficile de les prouver. La MAC estime également que la Chine pourrait saboter des câbles sous-marins, ce qui nécessite une coordination internationale pour le signalement et l'arraisonnement des navires.
Hsu Kai-chieh a souligné que le nombre de personnes poursuivies à Taïwan au motif d’une d'infiltration du PCC était de 28 en 2022, de 86 en 2023, et avait grimpé à 168 en 2024.Le juge estime ainsi que Taïwan devrait s'inspirer de la loi américaine sur l'enregistrement des agents étrangers (FARA) et qu'une coopération entre Taïwan et les États-Unis en matière de formation au contre-espionnage pourrait s’avérer utile. Hsu Kai-chieh promeut le concept de “démocratie défensive”, rappelant qu’un contrôle insuffisant conduisait à l'infiltration d’agents des Etats autoritaires, tandis qu'un contrôle excessif ferait glisser le pays vers une autre forme de dictature.
A noter que récemment, des affaires d’espionnage ont touché plusieurs partis politiques taïwanais. Plusieurs membres du Parti démocrate progressiste (DPP) actuellement au pouvoir, ont été exclus pour leur implication dans des dossiers d’espionnage pour le compte de la Chine