Suite au récent suicide de deux enseignants, la Fédération nationale des syndicats d'enseignants (NFTU) a tenu une conférence de presse aujourd'hui. Selon les statistiques du ministère de l'Éducation, le nombre de suicides d'enseignants a doublé ces trois dernières années, passant de 8 en 2021 à 19 en 2023, signe que la pression subie par les enseignants a atteint un point de rupture, a souligné Hou Chun-liang (侯俊良), président de la fédération.
Celui-ci a précisé que les enseignants du public étaient actuellement confrontés à une charge administrative et émotionnelle importante, ainsi qu'à un risque élevé de plaintes. En particulier, les réunions de “conseil scolaire” initialement conçues pour gérer des cas d'enseignants inadaptés, sont devenues un instrument permettant d’évincer abusivement des enseignants, sur la base d’incidents mineurs, ce qui a détruit la confiance au sein des établissements scolaires.
Hou Chun-liang a ainsi exhorté le ministre de l'Éducation, Cheng Ying-yao (鄭英耀), à prendre à bras le corps ces problèmes : « Toutes les données montrent que la pression exercée sur les enseignants et les multiples difficultés auxquelles ils sont confrontés ont atteint un point critique qui exige une intervention immédiate. Nous espérons que le ministère de l'Éducation prendra des mesures concrètes. Il ne s'agit pas simplement de faire des annonces, il faut qu’elles soient réellement suivies d’actions dans la pratique. En ce qui concerne en particulier les méthodes abusives de licenciement des enseignants, notre objectif est de revenir au mécanisme initial d’évaluation. »
Alder Yang (楊逸飛), secrétaire général adjoint de la NFTU, a précisé que, ces dernières années, le “conseil scolaire” est devenu le reflet de la méfiance de la population envers l'ensemble du système éducatif. Il a souligné que les cas d’enseignants incompétents sont toujours traités, mais que ces derniers ne doivent pas pour autant entraîner l'opprobre sur tous les enseignants.