La ministre du Numérique Audrey Tang (唐鳳) a été interrogée ce matin au Yuan législatif sur plusieurs sujets. Certains députés ont fait part de leur préoccupation quant à l’augmentation substantielle du budget du ministère concernant les frais de déplacements internationaux, qui atteindraient l’année prochaine 37 millions NTD (plus d’un million euros), soit une augmentation de 23 millions NTD (670 000 euros). Audrey Tang a expliqué que cela était dû au transfert de budget d’autres ministères consacrés à l’économie numérique, dans le cadre de l’APEC et des échanges avec l’UE et les Etats-Unis, vers le budget du ministère du Numérique. Ainsi, à partir de l’an prochain, ce sera le ministère du Numérique qui se chargera des négociations avec les pays étrangers sur l’économie numérique.
La ministre a précisé que ces budgets apporteront un retour sur investissement : « Taïwan est à l’heure actuelle dans une position très favorable en matière de développement de l’intelligence artificielle et du développement des nouvelles technologies pour promouvoir plutôt que détruire la démocratie. C’est un sujet sur lequel le monde entier espère pouvoir écouter le point de vue de Taïwan. Ce budget ne concerne pas que nos déplacements à l’étranger, il couvre aussi des invitations à Taïwan, notamment pour participer à des entraînements, dans le cadre de la coopération en matière de sécurité informatique. Je pense que cet investissement s'avérera payant. »
Par ailleurs, le mois dernier, le ministère du Numérique avait annoncé un projet d’amendement à la Loi sur la gestion de la sécurité de l'information et des télécommunications, qui prévoit que le secteur public ne puisse pas utiliser les logiciels, matériels et services qui mettent en danger la sécurité informatique nationale. Des critiques s’étaient toutefois élevées, notamment parce que cet amendement ne prévoit pas clairement de bannir les produits de télécommunication chinois.
A cet égard, Audrey Tang a indiqué que, ces trois dernières années, le secteur public taïwanais avait déjà restreint l’utilisation des produits informatiques chinois susceptibles de mettre en danger la sécurité nationale. La raison pour laquelle les marques ou le pays de fabrication ou d’enregistrement n’est pas spécifiquement indiqué est que les logiciels, matériels et services soumis à un contrôle par le Parti communiste chinois (PCC) ne sont pas nécessairement tous enregistrés en Chine. Par exemple, TikTok est enregistré à Singapour, a-t-elle rappelé. Le critère concernant la sécurité nationale fait ainsi référence à tout produit que le PCC peut contrôler, quel que soit le pays dans lequel il est enregistré, et ces logiciels, matériels et services seront bannis du secteur public taïwanais.