Le militant iconique du mouvement LGBT à Taïwan, Chi Chia-wei (祁家威), s’est rendu aujourd’hui au tribunal de Taipei pour déposer plainte contre la ministre de l’Intérieur Liu Shih-fang (劉世芳) qu’il accuse de « manquement à ses devoirs » et d’inaction dans la procédure de reconnaissance du changement de sexe à l’état civil sans recours à la chirurgie.
Rappelant que Taïwan comptait parmi les trente premiers pays au monde à avoir légalisé le mariage pour les couples de même sexe, Chi Chia-wei déplore le retard pris sur d’autres questions relatives aux droits des personnes LGBT, notamment celle du changement de sexe à l’état civil : « Parmi les 37 pays qui ont légalisé le mariage pour les couples de même sexe, deux exigeaient le recours à une opération chirurgicale : Taïwan et Cuba. Les 35 autres pays autorisant le mariage pour tous permettaient déjà le changement d’état civil sans chirurgie obligatoire. Le 18 juillet de cette année, le Parlement cubain a adopté à son tour la possibilité de changement d’état civil sans chirurgie. (...) Autrement dit, seul Taïwan persiste et le ministère de l’Intérieur refuse de lâcher prise en continuant d’imposer une opération chirurgicale pour reconnaître le changement de sexe. Sommes-nous vraiment moins avancés que Cuba ? Cuba a déjà suivi l’évolution de son temps contrairement à Taïwan. »
Pour rappel, le mois dernier le Yuan du contrôle a rendu un rapport d’enquête jugeant que l’obligation actuelle d’un recours à la chirurgie pour pouvoir modifier la mention de sexe à l’état civil violait les principes de légalité, de proportionnalité ainsi que l’esprit des deux Pactes internationaux relatifs aux droits humains. Le Yuan de contrôle exhorte ainsi le ministère de l’Intérieur à réviser sans tarder cette réglementation en vigueur, ce dernier s’appuyant toujours sur une interprétation administrative de 2008, quand le mariage pour tous n’existait que dans moins d'une dizaine de pays au monde, contre une quarantaine aujourd’hui.