Le EU-Taiwan Exchange Forum sur les travailleurs migrants s'est déroulé du 23 au 24 janvier à Taipei avec un focus sur la protection des droits humains des travailleurs migrants dans le secteur de la pêche.
Les sujets de discussions du 24 janvier comprenaient la rationalité du système d'embauche des pêcheurs migrants et les communications sur les bateaux ainsi que le droit du travail et les conventions dans le secteur de la pêche.
Parmi les problèmes soulevés depuis longtemps par les groupes de la société civile, l'incohérence de la gestion des questions concernant les pêcheurs étrangers, qui sont gérées en partie par le bureau du développement de la main d'œuvre, qui dépend du ministère du Travail, et par le bureau de la pêche au sein du ministère de l'Agriculture, aboutissant à des règles différentes selon les administrations, à des droits différents pour les pêcheurs étrangers et donc à des systèmes de règlement des conflits différents.
Toutefois, les représentants des deux autorités compétentes n'ont pas été en mesure de répondre directement à ces questions posées lors du forum, laissant un goût amer aux intervenants et aux membres de l'assistance. Notons que ce forum est co-organisé par le Bureau économique et commercial de l'Union européenne, par la Fondation Garden of Hope, le European Value Security Policy Center et d'autres organismes.
Lin Han-yu (林涵宇), directeur général de la Taiwan Tuna Association, un syndicat de pêcheurs et d'exportateurs taïwanais de thon pêché en haute mer, a souligné que le cas de Taïwan n'était pas isolé et que les Etats-Unis ainsi que certains pays de l'Union européenne avaient des pratiques similaires en raison de certains facteurs liés à l'histoire et au développement national.
Huang Yu-chung (黃昱中), secrétaire-général de l'Organisation des droits des pêcheurs étrangers, a attiré l'attention sur le fait qu'environ 21 000 pêcheurs étrangers sont employés à Taïwan, principalement pour la pêche en haute mer, qui est réglementée par le bureau des pêches du ministère de l'Agriculture.
Par ailleurs, environ 11 000 pêcheurs étrangers sont employés à Taïwan dans le secteur de la pêche côtière et dépendent, eux, du bureau du travail et du développement du ministère du Travail. Par conséquent, les lois et les réglementations applicables sont différentes selon que les pêcheurs étrangers travaillent près des côtes ou en haute mer.
Enfin, Huang Yu-chung a rappelé que même si le bureau des pêches avait déterminé que le travail de pêche en haute mer n'était pas soumis à la loi fondamentale sur le travail et donc pas non plus à la loi sur le salaire minimum, le ministère du Travail n'avait, en réalité, jamais déclaré que cette loi ne s'appliquait pas aux pêcheurs en haute mer. Huang estime que, par conséquent, le point de vue du le bureau des pêches n'a aucun fondement juridique.
Huang a également affirmé qu'étant donné le fait qu'actuellement, seuls les organismes du ministère du Travail peuvent initier des inspections du travail, toutes les questions relatives aux droits et aux intérêts des pêcheurs étrangers devraient être gérées par ce ministère afin d'assurer l'efficacité des inspections et de la gestion des affaires concernant les pêcheurs étrangers.