Après avoir reçu hier les amendements relatifs à la réforme du Parlement votée le 28 mai, le gouvernement a décidé aujourd’hui de les faire réétudier par le Parlement une fois que le Président de la République aura donné son accord.
Le ministre sans portefeuille Lin Ming-hsin (林明昕) a déclaré en conférence de presse que le gouvernement estimait qu’une partie des amendements en question étaient "inconstitutionnels" et "difficiles à mettre en oeuvre" et qu'il était en train de préparer une demande de réévaluation des amendements sur la base de l'article 3-2 (2) des Articles additionnels de la Constitution de la République de Chine.
Lin a affirmé que la réforme, poussée par le Kuomintang (KMT) et le Parti populaire taïwanais (TPP), contrevenait aux interprétations passées de la Cour constitutionnelle, qui limitaient l'exercice des pouvoirs d'enquête et d'audition.
Le Premier ministre Cho Jung-tai (卓榮泰) a déclaré que les amendements risquaient de contrevenir au processus démocratique et d'enfreindre les droits humains. Le gouvernement a fourni sept raisons pour la proposition de veto : le manque de discussions et la violation des principes démocratiques (1), la confusion au respect du régime semi-présidentiel, l'obligation pour le président de faire un rapport régulier devant le Parlement et d'être sujet à des auditions (2), les pouvoirs d'enquête trop larges accordés par la réforme au Parlement (3), la violation de la procédure judiciaire et de la justice procédurale (4), le droit de réévaluer les nominations de personnels durant une période indéfinie qui pourrait rendre vacantes d'importantes positions gouvernementales (5), le manque de clarté des clauses permettant la pénalisation de l'outrage au Parlement et l'expansion arbitraire des pouvoirs législatifs (6), et enfin le manque de clarté pour définir le "soupçon" d'informations erronées données par les personnes auditionnées (7).
Le député DPP Ker Chien-ming (柯建銘), chef du groupe DPP au Parlement, a déclaré que 57 sièges étaient nécessaires pour obtenir la majorité au sein du Yuan législatif et que le DPP, désormais minoritaire, ne désespérait pas d'obtenir le soutien de six députés de la majorité pour faire invalider la réforme adoptée mardi dernier.