Le ministère de l'Environnement a tenu hier, 9 septembre, la cinquième réunion concernant la fixation du taux de la redevance carbone, qui devrait concerner à compter de début 2026 environ 550 entreprises émettant annuellement plus de 25 000 tonnes de CO2. Huang Wei-ming (黃偉鳴), directeur adjoint de l’administration chargée du changement climatique, a déclaré à l’issue de la réunion, que les membres ne s’étaient accordés que sur une recommandation préliminaire de 300 à 500 NTD (8,50 à 14,10 euros) par tonne d’émission de dioxyde de carbone (prix de départ du tarif de base), avec une augmentation progressive tous les deux ans pour atteindre un tarif soit de 1200 à 1800 NTD (33,80 à 50,70 euros) après 2030. Les discussions se poursuivront lors d’une prochaine réunion, a-t-il précisé.
Interviewé aujourd’hui, le ministre de l’Environnement, Peng Chi-ming (彭啓明) a en outre précisé que le tarif préférentiel de la redevance carbone, qui concernent les entreprises mettant en oeuvre par elles-mêmes des mesures de réduction des émissions, pourrait s’élever à environ 100 NTD (2,80 euros), ce qui est similaire au Japon et à la Corée du Sud. Ce taux préférentiel n’a toutefois pas encore été formellement discuté.
Le ministre a souligné qu’il était très délicat de fixer le montant de la redevance carbone, les industriels souhaitant qu’elle soit faible et les ONG environnementales élevée. Interrogés par l’agence de presse CNA, des industriels ont mis en garde contre une augmentation des coûts de fonctionnement des entreprises qui serait répercutée sur les prix aux consommateurs (« inflation verte ») et espèrent que le gouvernement tiendra aussi compte de la compétitivité de Taïwan à l’international dans la fixation du montant de la redevance.
Peng Chi-ming a précisé qu’il assumerait de prendre la responsabilité politique à ce sujet et qu’il fera de son mieux pour que le tarif puisse être accepté par tous. Il a précisé que les réductions de la redevance seront substantielles pour les entreprises qui accepteront de faire des efforts pour réduire par elles-mêmes leurs émissions. Il a précisé que l’objectif n’était pas de renflouer le budget de l’Etat, mais d’encourager la réduction des émissions. Le gouvernement consacrera aussi des fonds pour investir dans des technologies émergentes bas carbone qui constituent autant de nouvelles niches pour les entreprises.