Emmanuel Macron a effectué sa quatrième visite en Chine du 3 au 5 décembre. Dans une interview publiée sur le site web de l'Institut français des relations internationales et stratégiques (IRIS), Emmanuel Lincot directeur de recherche à l'IRIS et codirecteur du programme Asie-Pacifique, a déclaré que le déclin de la France avait renforcé la conviction du régime chinois et d'une partie importante de l'opinion publique que la France était une nation « obsolète », faible sur les plans économiques et politiques, comme le montre la tentative infructueuse de Macron de dissuader le président chinois Xi Jinping de soutenir la Russie.
Sur la question de Taïwan, Emmanuel Lincot estime que du point de vue du droit international, la France ne reconnaît que la Chine, ce qui l'empêche de soutenir ouvertement Taïwan. Or, la Chine menace la libre circulation dans les zones maritimes que la France cherche à protéger, en violation du droit maritime international et contre les intérêts stratégiques des nations concernées, dont la France. De plus, si la France défend haut et fort les droits humains en soutenant l'Ukraine, elle ne peut pas rester silencieuse sur Taïwan sans paraître incohérente ; elle sera confrontée à un choix crucial en cas de conflit ouvert dans le détroit de Taïwan, surtout si les États-Unis décidaient d'intervenir.
La visite du président français visait à rééquilibrer le commerce bilatéral, mais Lincot observe que peu de progrès ont été réalisés. Le chercheur soutient que la France ne peut pas faire grand-chose seule et qu'elle devrait s'appuyer sur des alliances au sein et au-delà de l'Europe, en particulier dans les domaines critiques du transfert de technologie. Si la Chine refuse, la France doit être prête à prendre des mesures décisives, telles que l'imposition de droits de douane sur les produits chinois ou l'exercice de pressions dans certaines zones maritimes avec le soutien du Japon et de la Corée du Sud.