Le ministère de l'Intérieur taïwanais a annoncé le 4 décembre dernier la suspension provisoire pour une année du réseau social RedNote (Xiaohongshu en mandarin), mettant en avant les risques en matière de cybersécurité et d'escroqueries en ligne.
Le vice-ministre de l'Intérieur Ma Shih-yuan (Sawyer Mars 馬士元) a déclaré aujourd'hui que deux conditions étaient essentielles pour la levée des restrictions concernant RedNote, à savoir un renforcement de la cybersécurité et l'établissement par RedNote de canaux de communication avec le gouvernement taïwanais : « Si Xiaohongshu fait la demande de s’implanter à Taïwan, son approbation ne relève pas de le compétence du ministère de l'Intérieur, RedNote doit donc passer par la commission ministérielle des affaires continentales, par le ministère du Numérique et par le ministère de l'Economie. Comme RedNote est financée à 100 % par des fonds chinois, en cherchant à s'implanter à Taïwan ou à établir un représentant à Taïwan, RedNote se heurte à des restrictions légales. Même le canal de communication que nous exigeons relève de l’impossible pour Xiaohongshu. »
Ma Shih-yuan a affirmé lors d'une interview avec le média taïwanais POP Radio que l'interdiction n'était pas un "blocage" à proprement parler mais plutôt une "restriction d'utilisation" visant, face aux risques d'escroqueries, à rendre le réseau social chinois moins attractif et moins pratique d'utilisation afin d'inciter les utilisateurs à se tourner vers d'autres plateformes.
Il a précisé que le gouvernement taïwanais avait récemment adressé un document à RedNote pour lui demander de soumettre un plan d'amélioration concernant la cybersécurité et la lutte contre les escroqueries. RedNote a accusé réception du document mais n'a pour l'instant pas répondu à la demande, probablement, selon Ma Shih-yuan, parce que toute discussion avec le gouvernement taïwanais impliquerait de se conformer à la loi de la République de Chine, Taïwan, ce que l’entreprise refuse de faire.