Le Parlement dominé par l’opposition KMT-TPP a amendé aujourd’hui en troisième lecture la Loi sur les indemnités de retraite et de licenciement des fonctionnaires et celle sur les enseignants. L’amendement met fin de manière précoce à la réduction progressive du taux de remplacement des retraites des fonctionnaires et des enseignants, décidée par le gouvernement de Tsai Ing-wen et entrée en vigueur en 2018. Cette dernière réforme prévoyait de réduire le taux de remplacement de 1,5% chaque année sur dix ans entre 2018 et 2028. Ainsi, le taux minimal, qui était de 45%, devait être réduit à 30% pour une ancienneté de 15 ans, et passer de 75% à 60% pour une ancienneté de 35 ans.
Selon l’amendement voté aujourd’hui, la diminution du taux de remplacement des fonctionnaires et des enseignants serait gelée au niveau du 1er janvier 2024. A l’avenir, le taux de remplacement est ainsi celui du niveau de 2023. C’est-à-dire 66% pour le taux maximal.
Niu Hsu Ting (牛煦庭), un député du KMT, a défendu le vote d’aujourd’hui en précisant que dans le passé, les Taïwanais choisissaient d’être fonctionnaires ou enseignants dans le but de pouvoir bénéficier d’une meilleure sécurité financière à la retraite. Cependant, la réforme des retraites a brisé la confiance entre le gouvernement, les enseignants et les fonctionnaires. L’amendement d’aujourd’hui ne restaure pas les avantages financiers d’avant la réforme, mais stoppe simplement la diminution des pensions de retraite.
Niu Hsu Ting a déclaré : « La fin de la diminution des pensions de retraite ne vise pas à revenir au système d’avant la réforme. Ni les fonctionnaires ni les enseignants ne demandent un retour au passé. Parmi tous les projets d’amendement, la fin de la diminution progressive des pensions de retraite est le plus modéré, relativement pragmatique, et qui permet le plus facilement de parvenir à un consensus. »
Du côté du Parti démocrate progressiste (DPP) qui avait adopté la réforme en 2018, l’amendement d’aujourd’hui bafoue l’équité intergénérationnelle, créant un favoritisme envers les retraités en négligeant les personnes encore actives. Il s’agit également, selon le DPP, d’un favoritisme envers les fonctionnaires et les enseignants et d’une négligence des travailleurs du secteur privé. La députée Rosalia Wu Szu-yao (吳思瑤) a aussi critiqué cet amendement qui, selon elle, mettrait en faillite le système de retraite: « Les députés du KMT et du TPP utilisent l’argent de toute la population pour attirer l’électorat. Les députés du TPP, qui disaient que la réduction des pensions de retraite n’était pas suffisamment rapide, appellent maintenant à arrêter cette réduction. Cet amendement qui stoppe la régression sans effet rétroactif relève uniquement de l’hypocrisie. Le KMT et le TPP sont fondamentalement identiques : ils bafouent l’équité intergénérationnelle. »
Concernant l’ajustement des pensions de retraite en lien avec l’inflation, les dispositions initiales prévoyaient que les pensions mensuelles devaient être ajustées lorsque le taux de croissance annuel de l’indice des prix à la consommation (IPC) augmentait ou baissait d’au moins 5%. L’amendement a désormais supprimé l’indexation lorsque la croissance de l’indice des prix à la consommation est négative, et précise que l’ajustement des pensions est nécessaire lorsque la croissance cumulée de l'IPC atteint 5 %, ou doit être révisé au moins tous les quatre ans.