Hier, la diplomatie taïwanaise avait vivement réagi à l’accusation de la députée du KMT Hsu Chiao-hsin (徐巧芯) selon laquelle le ministère des Affaires étrangères avait signé un “accord secret” avec le gouvernement tchèque pour aider l’Ukraine dans le domaine médical à hauteur de 10 millions USD, et prévoyant qu’au moins 30% de cette somme devra servir à acheter du matériel médical auprès de fournisseurs taïwanais. Hsu Chiao-hsin a exprimé ses doutes sur le contrôle qui pouvait être exercé sur ce soutien financier sous forme de don à l’Ukraine passant par un pays tiers, sur le caractère équitable du mécanisme d’appel d’offres pour ces marchés publics, et sur le fait que le Parti démocrate progressiste (DPP) visait à gérer ses propres relations ou connexions.
Roy Hsu (許柏逸), directeur adjoint du Département des traités et du droit du ministère des Affaires étrangères, a porté plainte aujourd’hui contre la députée auprès du Parquet de Taipei, au motif qu’elle a dévoilé devant les médias une partie du document en question qui est classé “confidentiel”. Il a souligné que ce budget avait été approuvé par le Yuan législatif et que l’accord avait été déposé au Parlement pour information conformément à la loi. Il a affirmé que Hsu Chiao-hsin avait enfreint la loi sur les documents confidentiels : “En tant que députée, Hsu Chiao-hsin connaît la loi et la contourne. En brandissant cet accord confidentiel devant les médias, elle a outrepassé la nécessité de protéger le secret administratif. C’est la raison pour laquelle le ministère des Affaires étrangères considère que la députée Hsu Chiao-hsin a violé l’article 132, paragraphe 1, du code pénal, qui concerne le crime de divulgation de secrets de défense nationale par un agent de l’Etat. Je me présente donc aujourd’hui devant le Parquet de Taipei, afin de porter plainte contre elle.”
Dans un communiqué publié hier, le ministère des Affaires étrangères a précisé que la situation de Taïwan étant particulière, il avait classé ce document confidentiel, afin d’éviter toute tentative d’obstruction. Hsu Chiao-xin a quant à elle estimé hier soir dans un post sur les réseaux sociaux, que la diplomatie avait classé ce document confidentiel en vue d’empêcher les députés de pouvoir s’exprimer à ce sujet ou de mener des enquêtes relatives, et a précisé qu’elle n’avait pas dévoilé l’intégralité des documents en question.