A la suite de la décision de l’Union européenne d’étendre le champ d’application de son mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM en anglais) qui vise à taxer les produits importés dans l’UE au même niveau que ceux des industriels européens, le ministère taïwanais de l’Environnement a indiqué vouloir constituer un groupe de MACF en collaboration avec le ministère de l’Economie pour assister les entreprises à se préparer à faire face à cette taxe carbone.
Le ministre Peng Chi-ming (彭啓明) a souligné que l’Europe n’a pas encore annoncé comment calculer le prix effectif du carbone pour les pays exportateurs. Bien que le MACF sera lancé dès l’année prochaine, les paiements effectifs ne débuteront qu’en 2027. Selon le ministre taïwanais de l’Environnement, il reste ainsi du temps pour mener des négociations : « Concernant les détails sur les réductions, le niveau de taxe ou les calculs, nous ferons tout pour parvenir à un traitement qui soit le plus favorable possible à nos industries. C’est quelque chose que nous entendons mener rapidement afin de rassurer les entreprises à se préparer, à établir le budget ou à s’activer dans la réduction du carbone émis. Nous savons l’urgence d’agir à ce sujet et souhaitons donc entamer rapidement des négociations. »
Le ministre de l’Environnement a indiqué que l’UE est déjà informée des mesures entreprises par Taïwan, des négociations bilatérales qui vont débuter d'ici à quelques mois devraient se conclure en juin ou juillet prochain.
Le MACF prévoit l’imposition d’un coût carbone sur certains produits importés à forte intensité d’émissions, afin d’éviter les « fuites de carbone » et de garantir des conditions de concurrence équitables entre producteurs européens et étrangers.Le ministère a également fait savoir que Taïwan prépare un mécanisme similaire et envisage une version taïwanaise pilote du MACF dans le courant de l’année prochaine, dans l’objectif de parvenir à une déclaration obligatoire des émissions carboniques pour les produits importés à partir de 2027.