Dai Kuo-jung (戴國榮), président de la Fédération nationale des syndicats industriels, a souligné lors d'une interview aujourd’hui que lorsqu'un gouvernement connaît un déficit budgétaire, il réduit souvent les dépenses sociales et que les subventions de l’Etat au fonds d'assurance travail (pensions de retraite) sont généralement les premières à en pâtir. Dans ce contexte, il a rappelé que les organisations syndicales militent depuis longtemps pour un impôt sur la fortune, ciblant les revenus non salariaux (plus-values foncières, gains sur les transactions immobilières, plus-values en capital…), qui ne sont pas le fruit du travail mais d’investissements qui crée un cycle d’accumulation de la richesse.
Tai Kuo-jung a également fait remarquer que ce débat n'était pas nouveau et que de nombreux entrepreneurs ne s'y étaient pas opposés lors des précédents débats. Il a déclaré : « Je pense que nous devrions nous concentrer sur un impôt sur la fortune. Il existe de nombreuses définitions de cet impôt. Une personne percevant un revenu annuel de plusieurs centaines de millions de dollars taïwanais est considérée comme riche. Si nous nous concentrons sur l'imposition d'un petit nombre de personnes fortunées, elles n'en souffriront pas et n’en ressentiront pas les conséquences. De plus, de nombreux cadres supérieurs de sociétés cotées en bourse perçoivent actuellement des dizaines, voire des centaines de millions de dollars taïwanais en dividendes chaque année. Les imposer n'aurait en réalité aucun impact sur eux. »
Il a également suggéré que le gouvernement pourrait suivre le modèle norvégien et intégrer un impôt sur la fortune ou d'autres nouvelles recettes fiscales à un fonds souverain ou à un fonds de pension. Ce fonds servirait de source de financement dédiée pour compléter le fonds d'assurance travail lorsque celui-ci est insuffisant, garantissant ainsi la stabilité des cotisations annuelles et réduisant les risques systémiques.
Tai Kuo-jung a également déclaré que la part des recettes fiscales à Taïwan restait relativement faible par rapport aux pays européens et aux Etats-Unis, ce qui laisse une marge de manœuvre pour d’éventuels ajustements. Il a cité l'exemple des droits de succession, soulignant que le taux d'imposition maximal à Taïwan avait été considérablement réduit, passant de 40 % à 10 %, et que la conformité de ce système fiscal avec l'équité sociale et les besoins budgétaires à long terme mériterait d'être réévaluée.
Enfin, Tai Kuo-jung a précisé que face à l’augmentation de dépenses fixes telles que celles du budget de la défense, un impôt sur la fortune pourrait non seulement contribuer à la croissance globale des recettes fiscales, mais aussi alléger le fardeau pesant sur les générations futures.